Les pistes du sud

Ce matin, levés avec le vent mais à l’abri dans la Palmeraie de Ziz on n’a pas encore conscience de ce qui nous attend à l’extérieur. Petit thé d’adieu avec Amhad, récupération d’1 litre d’huile d’olive produite sur place puis pain frais cuit par la sœur d’Amhad au feu de bois.

Direction Merzouga et le désert, enfin c’est ce qu’on croit. Le roulage sera de courte durée. Petite tempête de sable qui nous donne l’impression de rouler dans le brouillard.

On appréhende un peu Merzouga par rapport à la foule. On s’attendait à une ville effervescente avec des 4×4 partout et……rien, ville fantôme. Le vent de sable a chassé toute activité dans la ville. On est complètement perdus et ça doit se voir car deux rabatteurs essaient de nous fourguer un hôtel dans le désert avec un guide tour dans les dunes etc. La tentation est grande vu le temps, on se verrait bien être accompagnés mais non, on se reprend enfin. On dit aux rabatteurs qu’on doit faire des courses. Stef trouve une épicerie tandis que je cherche une adresse d’auberge sur le guide Gandini. Il n’est que midi mais on ne prendra pas le risque d’aller rouler dans le désert pendant la tempête. On trouve une première auberge un peu chère pour nous et le propriétaire nous indique l’hôtel de son cousin Mohammed qui accepte les chiens et chez qui on va passer la nuit en demi-pension. On se pose dans notre chouette chambre après avoir bu le thé d’accueil.

Aujourd’hui ce sera repos et beaucoup de temps de discussion avec un couple de français très sympathiques. La tempête se calme fin d’après midi ce qui nous permet de voir l’erg Chergui depuis la terrasse. Nous sommes installés au pied des dunes  et demain nous irons voir le lever du soleil sur l’erg. En principe demain la fenêtre météo sera en notre faveur. On prendra la route de bonne heure car il est prévu une nouvelle tempête de sable à partir de samedi, Inchallah ! Petite anecdote avant le départ : je demande à Mohammed où je peux trouver un tapis comme dans notre chambre. A ma grande surprise il me dit « montre moi le tapis » et nous le cède pour 200 dirhams, ce qui nous évite d’aller à Rissani.

Le départ de Merzouga se fait presque sans vent, après un copieux petit déjeuner. Après 30km de goudron, nous faisons nos premiers tours de roue sur la piste. Des zones de cailloux alternent avec des zones de sable qui au final sont beaucoup plus agréables. La traversée de l’oued du Ziz n’est pas évidente au début mais en observant bien on trouve une zone qui permet un passage sans problème.

Nous longeons de belles montagnes et traversons des villages où les enfants se précipitent toujours pour avoir des cadeaux. Choix pas évident : donner et prendre le risque de créer des habitudes ou ne rien donner et être distants de ces populations très accueillantes ? Karine distribue des feuilles de coloriage et des crayons de couleur qui génèrent quelques « wouaou » entousiastes. (Nous avons demandé à des adultes, ils nous expliquent que petits ils étaient contents de ces petits cadeaux et les partageaient en famille).

Les pauses café et picnic s’enchaînent, perdus au milieu de grandes plaines ou à côté de la piste. Le rythme est assez lent pour prendre le temps de découvrir et pour s’habituer aux capacités de notre Patrol.

Nous arrivons le soir dans une belle auberge tenue par Saïd, un passionné de fossiles dont les montagnes regorgent ici. Il a quelques beaux spécimens.

Vérification de la voiture avec Saïd, soufflage du filtre à air dans son atelier et découverte des outils de travail sur les fossiles.

Nous passons une bonne nuit après un repas qui est clairement le meilleur pris au Maroc jusque là : soupe accompagnée de mini pizzas, tajine excellente, fruits, un régal ! Idem au petit déjeuner où on nous sert une omelette, des crêpes, …

Très belles pistes pour cette journée, avec une pause sur une coline perdue dans le désert.

Nous passons plusieurs checkpoint militaires, la frontière avec l’Algérie est toute proche. Nous croisons peu de véhicules, 2 ou 3 par jour, certains dévient donc pour avoir l’occasion de discuter un moment comme ces français en Toyota qui font le trajet dans l’autre sens.

Le passage de la zone du « cratère » (on ne sait pas si c’en est un mais ça en a la forme), sans être difficile, se fait à petite vitesse vu les pentes et gros cailloux de la piste que nous avons pris.

La journée est aussi ponctuée de changements de pression de pneu : 2.5 bars pour le bitume, 2 pour les pistes dures et 1.5 pour le sable, en gros…

Nous arrivons après cette belle journée à Tagounite où nous faisons le plein et un lavage du véhicule pour repartir au top pour la suite.

Note pour une prochaine fois : emmener nos anciennes paires de lunettes (rares dans certains lieux) et des vêtements qui nous sont assez souvent demandés, y compris pour bébé.

Nous rejoignons M’Hamid dans le camping hôtel Hamada du Draa, très joli mais plus gros que les établissements précédents, il y a donc moins d’échanges. Repas en terrasse et très bonne nuit dans une case africaine.

Un détail : nous avons des gourdes Oko et un jerrycan Lifesaver, notre eau est très bien filtrée donc nous la prenons n’importe où… Sauf si, comme dans cet hôtel, le réseau est connecté à un puit salé… C’est assez fréquent et ça ne passe pas dans les systèmes de filtrage donc nous allons faire attention…

Source sacrée, rivière de sable et Erg Chegaga, autant de noms qui nous font rêver. Aujourd’hui nous allons emprunter la piste qu’on appelle la rivière de sable qui contourne l’erg Chegaga. Juste avant nous nous arrêtons à la source sacrée, juste incroyable de voir un petit bouillon d’eau qui sort du sol.

Nous nous y posons un petit moment en dégustant un thé et observons la vie de cette oasis improbable. Libellules, hirondelles et têtards ont investi ce lieu.

Il est temps de repartir pour la fameuse rivière de sable. Le troll virevolte à travers les dunettes et les dromadaires, très à l’aise sur ce terrain. Stef s’amuse comme un p’tit fou. Le temps se dégrade peu à peu jusqu’à une nouvelle tempête de sable. Décidément on n’y coupe pas. Certains auront des photos de l’erg Chegaga avec un grand ciel bleu, nous ce sera dans un brouillard de sable.

Pas moyen de faire la pause déjeuner, trop de vent. Nous partons directement vers notre hébergement de la soirée : « la petite maison du lac Iriki ».

Le vent de sable est tellement dense qu’on est obligés de demander à des Berbères notre route. On trouve enfin la petite maison. Encore un endroit hors du temps. Un petit coin de paradis dans ce désert si aride.

Brahim en a fait un petit havre de paix. Des murs entourent un petit patio où se trouve le salon d’accueil où toutes les couleurs de tapis se mélangent. Notre chambre se trouve dans le deuxième patio, tout autant ornementé de tapis.

Il est 14 h et Brahim nous prépare une salade et une omelette berbère, incroyablement bonne.

L’après midi sera sieste pour moi et écriture et téléchargement des photos pour Stef. Vers 17 h petit tour au lac d’Iriki qui n’a pas eu d’eau depuis des années (40 ans dit Brahim).

Nous rentrons pour le coucher du soleil. Brahim nous sert un thé et se met à la préparation du tajine de légumes. Preik se pose, il va mieux. Après 2 jours de régime et smecta c’est reparti. Eau filtrée pour lui aussi et gélules de probiotiques.

Le repas est pris dehors, avec un superbe feu de camp, moment magique !

La 4eme journée de piste pour cette traversée du sud Marocain commence par le lac Iriki, sans eau depuis bien longtemps comme on le disait plus haut, mais avec des petites dunes qui font le bonheur du pilote avec des franchissements pas encore dignes du Dakar mais qui commencent à donner quelques sensations…

Toujours de magnifiques paysages pour la suite, du sable, des cailloux, du plat, des bosses, on n’a pas le temps de s’ennuyer.

Quelques contrôles militaires nous permettent d’écouler les premiers exemplaires des fameuses fiches que beaucoup préparent (c’est notre cas sur les bons conseils reçus…) afin de donner directement aux militaires toutes les informations sur les passagers et le véhicule… Sinon il écrit tout, on gagne clairement du temps !

Quelques dizaines de km avant notre destination du jour, une superbe succession de petites montagnes se présente. C’est magnifique et notre piste passe en plein milieu.

Remontée enfin vers le nord par une piste assez roulante qui nous amène au bitume et un peu plus loin à Foum Zguid, petite ville assez vivante et accueillante, on y trouve des magasins pour les fruits et légumes, le pain, …

On s’installe au camping « la palmeraie », repos, nettoyage, petite salade maison et échanges avec les autres voyageurs, comme ces 2 couples en pickup/cellule qui partent vers les pistes dont nous venons… À notre tour de donner quelques conseils sur le gonflage, l’itinéraire, les points de vigilance…

Ces 4 jours sur les pistes du sud Marocain ont été riches en enseignements, en rencontres, en paysages et en sensations de conduite très variées. 450 km de pure piste,’un vrai régal, on y retournera et on comprend mieux maintenant tous ces voyageurs croisés qui nous disent être à leur 6, 7 ou 8eme Maroc. Vrai coup de coeur pour le sud et ses habitants, on a hâte de découvrir la suite !

Pour finir une petite vue de l’itinéraire, plus de détails dispos sur demande…

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