Traversée du détroit de Gibraltar et premiers pas au Maroc

Nous arrivons à 7h30 dans la file d’attente au petit port de Tarifa. Nous ne sommes pas nombreux à arriver 90mn avant le départ comme demandé par la compagnie, le guichet ouvre à 8h puis nous avançons doucement jusqu’au bateau qui arrive juste. Nous installons le troll (Nissan Patrol) dans les soutes à côté de 48 motos et leurs véhicules d’assistance, qui partent pour le « Big Trail Challenge ». Nous montons dans le bateau et nous sommes les 3 ou 4emes à nous mettre dans la file d’attente de la police marocaine qui tamponne les passeports… La file devient rapidement interminable et les derniers y auront sans doute passé la traversée (1h)…

Du coup, on se dit que l’entrée au Maroc va être toute simple puisque les papiers sont faits… On sort donc une fois le bateau arrivé au port de Tanger ville et on suit les indications des policiers jusqu’à… la zone de passage des véhicules aux rayon X. Un camion automatique sert de portique géant pour 7 ou 8 véhicules alignés. On nous dirige ensuite vers la douane qui est en train de s’affairer avec les 48 motards… La voiture devant nous est fouillée, tous les sacs à sortir, on rigole un peu… Jusqu’à ce que ce soit notre tour… Stop, ouvrez ci, sortez ça… Tous les recoins y passent… Un petit sac caché sous le siège, « drone ? », non non, la pompe pour la douche… « Des armes ? », non, non, « et ça c’est quoi ? » dit le douanier en sortant la scie du coffre… Pour les arbres, pour couper du bois je lui dis… Il n’a pas vu la hache (elle aussi pour le petit bois ou des branches tombées sur les pistes…). Bref, après avoir bien regardé, c’est au tour du chien douanier de faire sa recherche de drogue… Puis nous pouvons tout ranger et enfin entrer dans Tanger… Aucun contrôle par contre des papiers de Preik et de son contrôle antirabique obligatoire.

Les premiers pas (ou tours de roue) sont consacrés à la recherche de cash et remplissage de carte sim. Pas mal de magasins fermés, nous sommes à la période du Ramadan. Une petite épicerie indique un magasin qui redirige vers un supermarché à côté duquel on peut remplir sa carte sim… Pas compliqué, il faut juste discuter un peu à chaque fois et prendre son temps… 😉

Nous prenons la direction de Chefchaouen par une petite route qui nous met dans le bain : ânes, chèvres, tortue qui traverse, véhicules de toutes sortes et avec des chargements très variés… Beaucoup de déchets et de chiens errants… On peine un peu à trouver nos spots de pause café, picnic, … Il faut s’acclimater… Les contrôles de police ou gendarmerie sont omniprésents, 12 au moins le premier jour, qui nous laissent en général passer d’un geste, mais il faut s’arrêter…

Nous nous dirigeons vers un camping trouvé dans le guide Gandini, en catégorie « il faut lui donner une chance ». Le panorama 900, situé dans le Rif, est plutôt accessible en 4×4… Les plus gros véhicules tentent parfois, avec plus ou moins de bonheur… Les végétaux sont assez hauts mais on trouve une place pour le 4×4 et la tente. Le propriétaire a un soucis de pompe, que Stéphane va essayer de l’aider à résoudre, première installation de pompe dans un puits de 26m,.. les problèmes semblent s’enchaîner et l’électricité fait des siennes, nous n’auront donc pas d’eau, douche ou WC (à la turque) inclus.

Nous profitons par contre d’un superbe coucher de soleil depuis la terrasse qui domine la maison du propriétaire, et notre premier thé marocain dans la soirée, agrémenté des nombreuses histoires de Mohamed. Nous remplissons soigneusement le cahier de police et des photos sont faites de nos passeports pour leur envoyer par WhatsApp.

Malgré cette précaution nous avons vers minuit la visite de la gendarmerie royale, qui nous réveille et vérifie nos papiers. « Bienvenue au Maroc », un câlin à Preik et ils repartent.

Au réveil nous avons déjà cette sensation d’être partis depuis longtemps, les journées sont denses et dépaysantes… Avec la chaleur qui arrive, il faut s’acclimater.

Nous faisons pour cette fois ci l’impasse sur le parc de Tazzeka car il n’y a pas de camping identifié dans cette zone (on a même demandé aux policiers dans la nuit). Pas de bivouac sauvage possible dans le nord (on doit monter la tente), on verra plus bas ce que ça donne.

Direction donc Ifrane par les toutes petites routes et pistes indiquées par les gps (Garmin et Osmand) qui ne semblent pas décidés à nous faire prendre les grandes routes, pour notre grand plaisir car cela nous permet de découvrir des villages du Maroc profond… Beaucoup de monde dans les champs, on travaille beaucoup à la main ici ou avec des ânes.

Nous nous arrêtons acheter des oranges dans un stand de bord de route puis en repartant nous doublons un engin agricole avec précaution… Pas assez au goût du gendarme placé bien plus loin, qui nous verbalise pour un dépassement mesuré avec un radar vraiment vraiment discret… Très sympathique par contre, amende minimale (150 d), puis « bienvenue au Maroc »…

Le carburant est à 1€30, le 4×4 consomme un peu mais ça compense largement…

Arrivée en milieu d’après-midi dans le camping Amazigh sous Ifrane, douche chaude, un peu de repos, du bon pain chaud de l’épicerie voisine, ça fait du bien !

Demain nous irons au parc national d’Ifrane, la trace de piste est prête, on va guetter les singes et profiter des paysages.

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