Good trip Phareweizh

Nous ne pouvions pas te laisser partir sans un dernier hommage. Cela fait déjà quelques semaines que tu as rejoint ton nouveau pilote et le cœur trop serré je n’arrivais pas à te faire mes adieux. Que de temps passé ensemble sur la route. Tu nous as permis de nous surpasser, de réaliser des rêves, de nous faire prendre confiance en nous. Tu nous as donné le goût des autres, du voyage, le vrai, celui qui te fait grandir, qui te fait voir avec des yeux d’enfant.

Le 71° 10′ 16″ nord, 25° 46′ 56″ est restera gravé dans ma mémoire : 10 500 kilomètres parcourus en 4 semaines. Le grall, le fameux Nordkapp ! Cette vive émotion ressentie à l’arrivée d’avoir accompli un rêve, d’être allé jusqu’au bout.

Des milliers de kilomètres parcourus sur notre destrier des temps modernes, par tous les temps, sur toutes les routes. On te laisse entre de bonnes mains. Sacha t’emmènera goûter au sable du désert là où tes roues ne se sont pas encore posées.

Good trip Phareweizh, on suivra tes nouvelles aventures avec bonheur.

Préparation du contrôle technique pour Junior

Après un long we de vadrouille pour fêter le déconfinement, nous sommes de retour au camp de base pour préparer le contrôle technique.

https://www.facebook.com/chateauduvaldarguenon/

Pour le contrôle technique, qui est bien en retard à cause du confinement lié au covid 19, nous devons retirer la cellule. Pas de soucis, le processus est bien rôdé et nous avons justement maintenant un emplacement prévu pour ça dans le jardin. Les 4 boulons sont vites retirés (un sous l’évier, un près du lit, les 2 autres dans les soutes à l’extérieur), puis le câble électrique débranché et hop, nous pouvons monter la cellule sur ses pattes. Les pieds sont intégrés dans la structure de la cellule, faciles à sortir, et un gros cric à manivelle nous a été fourni en même temps que l’ensemble. Il faut donc monter d’un côté, bloquer le niveau, monter de l’autre, etc avec des cales pour monter plus haut et pouvoir sortir le plateau du pickup de sous la cellule. Donc pas de soucis, ça monte puis hop ça sort…

Hop ça sort… oui, mais crac, tiens, petit bruit… ah oui… le câble de la caméra de recul… ça aurait été bien de le débrancher aussi… ce sera à recâbler au moment du remontage… rien de grave.

L’idée ensuite était de rebaisser la cellule au maximum pour éviter qu’elle ne bascule avec le vent. C’est peut-être inutile, ou pas, on ne sait pas, mais en tout cas on le fait. C’est donc reparti avec le gros cric à manivelle… on monte un peu, on descend la goupille, et redescend, on change de côté… Petit à petit elle approche du sol jusqu’à un crac plus violent dans le cric et surtout une descente un peu accélérée… ça se bloque, la goupille tient et l’ensemble reste sur ses pattes… mais nous avons eu peur ! Après examen, le cric est mort, une soudure a lâché (quoi, ça ne tenait qu’avec ce petit point pour lever 800 kg ???).

Comme tout est de travers et qu’il faut continuer, les cerveaux fument pour trouver une solution ! La moins mauvaise à défaut de mieux sera d’empiler des planches et d’y poser un cric de voiture. Le changement de côté est plus long, mais ça marche !

La cellule se retrouve donc stable et bien en bas, nickel ! Reste à enlever le plateau (6 écrous, 1 prise électrique, pas de caméra de recul…), le soulever avec la grue d’atelier, puis mettre à la place la benne. Cette étape (remplacement du plateau par la benne) n’est pas obligatoire pour le contrôle technique mais nous avons besoin du pickup pour d’autres projets (travaux maison), et ça permet au passage un bon lavage du chassis qui n’a pas été lavé en grand depuis l’Islande.

Ah oui, il reste les pare-chocs à remettre en place à l’arrière… une formalité…

Il ne reste plus qu’à prendre RDV pour le CT, en espérant que tout se passe bien (on vous a parlé du voyant abs qui s’allume ???).

Bilan le lendemain : des courbatures partout !!! et Preik (notre Golden retriever), qui ne connaît pas ce drôle d’engin sous cette forme, le gratifie d’une salve d’aboiements à chaque passage…

Le retour

On vous a laissé quand nous étions à Seydisfjordur, prêts à prendre le ferry vers le Danemark. Ça y est, le retour est fait et ce n'est pas rien, même si, comme nous l'avions déjà fait dans l'autre sens, on avait une petite idée de ce qui nous attendait !
4 jours 1/2 de trajet
Il y a donc d'abord eu le ferry. Nous avons retrouvé le Norröna, bateau de Smyril Line, qui fait le trajet entre l'Islande et le Danemark via les îles Féroé. Départ prévu à 20h, embarquement à partir de 18h. Nous nous rendons au terminal plus tôt, le tour de la petite ville portuaire étant fait. L'enregistrement ouvre à 17h, nous faisons valider nos billets et nous installons dans un coin de la salle d'attente. On vient nous chercher avant les autres, pour embarquer notre véhicule un peu hors gabarit dans un coin près des camions. Cette fois-ci nous pouvons embarquer ensemble, pas comme au Danemark où une seule personne était autorisée par véhicule. Nous récupérons nos sacs préparés plus tôt dans la journée, en particulier celui contenant nos provisions (des plats lyophilisés à préparer avec de l'eau chaude), notre petite bouilloire ainsi que notre réserve d'eau. Nous rejoignons notre cabine qui est un petit peu plus grande que celle de l'aller (petite surprise pour nos 10 ans). L'embarquement se poursuit tranquillement, les passagers ne sont pas nombreux. Nous profitons de ce moment encore calme et sans roulis ou tangage pour aller manger au buffet du bateau. Tout le monde est sans doute là à l'heure et l'embarquement efficace car nous partons avec 30 minutes d'avance. Nous sortons un peu sur le pont pour profiter de la superbe vue sur le fjord et nous remplir les yeux d'encore un peu de cette Islande magique que nous sommes en train de quitter.
Le trajet nocturne et la matinée suivante sont assez calmes, la mer est plutôt bonne contrairement à l'aller sur cette portion où nous avions eu des creux de 6 mètres. Nous arrivons aux îles Féroé vers 14h et débarquons pour prendre un repas à terre et faire le tour de Torshavn, que nous trouvons plus vivant que la première fois car la météo est meilleure, les magasins sont ouverts et il y a un peu d'animation. Nous glanons quelques souvenirs, prenons quelques photos et rentrons à notre cabine en attendant le départ.
La phase suivante, du jeudi soir au samedi matin, en passant par la lonnnnngue journée de vendredi, aura été beaucoup plus agitée. La mer, dont on ne nous a pas annoncé l'état exact, arrive à nous envoyer des paquets d'eau dans les fenêtres du 7ème... le bateau bouge et nous, plus beaucoup ! Les rares moments d'agitation consistent en un aller retour vers la salle de bain ou vers la bouilloire et nos provisions. Nous nous occupons en dévorant les James Rollins que nous avons emmené et en commençant le montage de la vidéo du voyage.
Enfin samedi matin le bateau rejoint Hirtshals, tout au nord du Danemark.  Les cabines doivent être libérées à 8h et l'accès aux véhicules autorisé à partir de 9h. Nous concernant il faudra attendre près de 11h pour sortir car il faut vider tous les autres ponts de véhicules pour les remonter (c'est modulaire) et permettre aux quelques engins un peu plus hauts de sortir.
Nous prenons la route vers le sud avec divers arrêts pour l'essence, le café, le repas et avançons au maximum, ce qui nous amène après 1008 km et vers 23h dans la charmante petite ville de Gorinchem. Un vrai dédale de ruelles, ponts, canaux, déviations, nous amène au site repéré sur Park4night, un espace près de la marina. Malheureusement c'est complet et on nous fait bien comprendre qu'il est tard et que nous ne trouverons rien ! Cette ville sera à voir une autre fois, nous reprenons la route pour un site moins urbanisé, en direction d'un parking indiqué dans notre appli. Un premier essai nous amène sur un lieu qui ne semble pas principalement indiqué pour le sommeil, on vous laisse vous faire une idée, mais en tout cas la police qui arrive en face de nous en a une, elle. Nous en profitons pour leur demander où aller, expliquant que nous sommes fatigués de conduire et que tout est fermé. Ils nous indiquent un parking tout proche, que nous rejoignons et nous nous installons après avoir mis en route le chauffage au gaz.
Après une bonne nuit nous rejoignons le premier Mac Do venu pour un petit dej, refaisons le plein et prenons la route. Nous avons fait le choix d'éviter les tronçons à péage donc les portions de 4 voies alternent avec des routes beaucoup plus agréables mais moins rapides car elles traversent divers petits villages.
Lors d'un des derniers arrêts nous nous rendons compte que le voltmètre qui se trouve sur le tableau de bord indique 12 volts. Normal direz-vous pour une batterie de voiture, mais pas quand le moteur tourne et que l'alternateur délivre ses 14 et quelques volts ! Nous vérifions qu'aucune courroie n'est cassée en nous souvenant des bruits louches que nous avions eu déjà en Islande mais que nous avions mis sur le compte du froid. Tout est bien en place, le moteur tourne bien quant à lui et la température de monte pas, mais l'alternateur ne délivre plus rien. Cela explique également le dernier démarrage un peu plus poussif. Il va donc falloir rentrer sans arrêter le moteur, en évitant de trop monter dans les tours au cas où cela vienne quand même de la courroie accessoire qui pourrait être détendue, éviter d'utiliser l'électricité de bord pour ne pas vider la batterie et donc arriver idéalement avant la nuit. Rapide calcul avec le gps qui nous donne l'heure de coucher du soleil, il ne faut pas trainer ! Le trajet se fait avec un œil sur la température moteur et un sur le voltmètre, rien à signaler, nous rejoignons le garage 5 minutes avant le coucher du soleil et sans encombre.
Reste à tout vider et retrouver notre camp de base pour nous remettre de nos émotions et de ces 7460 km dont 3758 en Islande (ouf, on a fait plus de trajet là bas que pour y aller et revenir), trier les photos, finir le montage vidéo, retrouver la famille, les amis, les collègues, retrouver notre douche aussi et un lit confortable, en attendant de se remettre en quête d'un nouveau projet !

De Egilsstadir à Seydisfjordur

Cette fois ça y est, la boucle est bouclée et nous nous retrouvons à notre point de départ, Seydisfjordur, incontournable pour toute personne qui souhaite voyager avec son véhicule en Islande. Les lieux ont un peu changé depuis notre arrivée, la neige est moins présente, au moins sur les routes. Le col pour accéder au village est beaucoup plus praticable. Quand nous sommes arrivés nous étions tout à notre empressement d'aller voir plus loin, plus haut, et nous avons à peine regardé ce fjord qui nous accueillait. Nous prenons cette fois-ci le temps d'aller tout au bout, par une dernière petite piste qui nous permet d'avoir la vue d'ensemble. Nous en profitons pour prendre quelques vues avec le drone et Karine expérimente la conduite sur neige et sur piste, prête à prendre la relève.
De retour au village nous laissons notre véhicule pour un tour à pied. Personne dans les rues, c'est très joli, il y a de superbes maisons qui nous rappellent la Norvège, mais ça nous semble un peu mort en dehors du phoque qui va et vient dans le petit lagon. Nous finissons par trouver le point névralgique de la vie locale : le « Skaftfell Bistro » où nous dégustons une bonne pizza et un café avant de rejoindre l'embarcadère. 
Ce trip nous aura beaucoup marqué, on sent déjà qu'il faudra du temps pour digérer tout ce que nous avons vu dans ce pays, ce que nous y avons vécu. Au fil de ces 16 jours (seulement ? Ça nous paraît si dense pourtant...) et de ces 3758 kilomètres, de toutes ces montées improbables (35519 mètres de dénivelé positif), de ces virages, ces surfaces de terre, graviers, roche, glace, neige, au fil de toutes ces heures passées à admirer le paysage, nous avons découvert un pays où on se sent tout petit, où les éléments ont vraiment un sens et nous rappellent leur force.
Il y a tellement encore à faire ici. Il y a tous ces paysages que nous avons vus avec un relief et un contraste spécifiques à ces périodes enneigées, mais qui doivent se présenter sous un tout autre jour une fois la fonte passée. Les cascades qui étaient gelées et dont on devinait doucement le retour à la vie. Les animaux et les plantes qui se réveillent et vont profiter du printemps qui s'annonce. Il y a aussi le centre, les hauts plateaux. Clairement nos projets vont vers ces fameuses routes F, ces pistes qui mènent dans des lieux inaccessibles et que nous rêverions de découvrir. Pour ça, il faudra revenir...  

De Bakkafjordur à Egilsstadir

Beaucoup d’émotion en écrivant cette très belle avant-dernière journée. Décidément nous sommes gâtés par la météo. Ici on sent que le printemps est déjà arrivé. Nous quittons notre petit camping de bon matin car pour cette fin de voyage nous voulons aller à Borgarfjordur Eystri, « capitale du puffin ». La route est belle et les paysages toujours aussi somptueux. Nous apercevons au loin une route qui serpente dans la montagne, sans doute un col à passer. Vu le beau temps, pas de soucis , nous nous y engageons tout sourire et détendus. La route devient vite une piste. Fastoche, on en a fait plein. Et puis ça monte, ça monte. Bon junior sait le faire. Ha, là, c’était pas prévu, en plus ça devient tout glacé, la route brille de 1000 feux. C’est très joli mais pas quand on est dessus. Vite les pastilles à la menthe (on a pris l’habitude de ces petits bonbons dès qu’on sent que ça se complique). Grosse concentration du chauffeur, les mains transpirent. Virage en épingle et la descente juste derrière . On se demande si ça va le faire. On passe on ne sait pas comment, sans doute de bons pneus, le poids de notre engin et le sang froid du chauffeur.

Junior tient la dragée haute a cette fichue route. Ça glisse mais on tient la trajectoire. Quelques gouttes de sueurs plus tard on est passé la piste redevient sèche. Ha ben non maintenant, c’est la boue, de gros travaux sur la route, c’est gras ça glisse mais c’est sur du plat. On arrive au magnifique village de où nous faisons la pause du midi avant de partir à la falaise aux oiseaux. Nous avions prévu de rester camper ici ce soir mais les bornes électriques sont inaccessibles et le retour doit se faire par la même route car le village est le dernier du fjord. Nous voulons assurer le coup car la météo étant très changeante nous avons peur de rester bloqués et notre ferry est à 20h demain. Nous partons découvrir la falaise aux puffins. Nous arrivons sur un adorable port où quelques bateaux sont amarrés. Nous gravissons une colline où des passerelles ont été aménagées. Il y a des trous partout dans l’herbe. C’est l’endroit où les 10 a 15 000 couples de puffins nichent au printemps. Nous sommes trop tôt dans la saison, nous n’en verrons pas cette fois ci. Une petite cabane d’observation est installée sur le site. Ça doit être génial quand les colonies d’oiseaux sont là. Nous portons notre attention sur des mouettes et restons à les observer un bon moment.

Ce qu’on a vu
Ce qu’on aurait voulu voir (ils sont sortis dès qu’on est parti)

Il faut penser à reprendre la route en sens inverse. C’est avec le cœur lourd que nous repartons. Pas de macareux et fin du périple qui se rapproche. Le passage du col n’est pas mieux dans ce sens et notre vague à l’âme est de courte durée une fois engagé dans la montée. Autres pastilles à la menthe et le sourire revient, bien contents que tout se soit bien passé. Direction Egilsstadir. C’est amusant car c’est dans cette ville que nous nous sommes arrêtés à l’aller et sous la neige. 15 jours se sont écoulés et plus de neige, les routes et trottoirs sont secs. Nous trouvons le camping en travaux, mais ouvert, ce soir nous aurons droit à une douche chaude. Nous déposons Junior et repartons prendre une bière bien méritée en ville. Débriefing sur le voyage. Encore demain pour en profiter un peu, surtout que c’est une date importante pour nous…

De Mytvatn à Bakkafjordur

Réveil ce matin par un superbe beau temps, nous nous préparons tranquillement et partons du camping à 9H30 pour rejoindre le site qui nous intrigue depuis la veille : Hverarönd. Il s'agit d'un site géothermique très actif où on peut se promener entouré de fumerolles et de marmites bouillonnantes, on a vraiment l'impression d'être sur mars vu la couleur du sol ! Nous nous promenons tout en prenant conscience de la puissance des éléments qui se situent sous nos pieds, c'est très impressionnant ! Il n'y a pas de geyser qui crache comme dans le sud à Geysir, mais le site est beaucoup plus sauvage et moins fréquenté. Nous prenons quelques vues aériennes pour mieux prendre conscience de l'ampleur du site.
Nous poursuivons ensuite notre route vers la centrale électrique Kröflustöd qui produit de l'énergie grâce à la géothermie. La route est trop gelée pour poursuivre au delà vers le cratère de Krafla Viti, nous montons à pied pour rejoindre un lac qui semble superbe, bleu. La vue est magnifique mais le lac malheureusement gelé.
Nous reprenons la route 1 et guettons ensuite sur notre gauche la 864 qui mène vers la cascade de Dettifoss. La route est normalement bloquée mais nous voulons vérifier au passage. Environ 10 km avant cette route nous apercevons, sur une autre petite route perpendiculaire, une petite voiture plantée dans la neige. Junior ne peut pas laisser passer une occasion de se rendre utile, nous allons donc voir ce qui se passe. Le couple d'allemands a tenté un passage avec une voiture 2 roues motrices dans une épaisseur de neige assez improbable. Nous pensons d'abord les tracter avec la corde, mais leur voiture ne présente aucun point d'accroche à l'arrière. Plan B : les plaques de désensablement, qui fonctionnent pour la neige également. Une petite séance de pelletage pour bien dégager les 2 roues motrices et placer les plaques sous les pneus et après quelques essais, c'est parti ! Les voilà sortis d'affaire ! Nous voyons 2 énormes 4x4 à grosses roues comme seuls les islandais savent les faire passer par le même chemin, sans aucun problème bien entendu !
La route de Dettifoss, un peu plus loin, est bel et bien bloquée, nous poursuivons donc sur la 1 qui se recouvre de neige sous l'effet du vent puis d'une bonne couche de glace, ce qui nous oblige à nettement ralentir l'allure et à passer en 4 roues motrices pour stabiliser un peu mieux nos trajectoires et arrêter de glisser sous l'effet du mélange entre glace, neige et bouillasse de neige fondue... Bref, nous rejoignons prudemment la route 85 qui remonte vers le Nord-Est, devient sur de larges portions une piste et nous amène à Porshofn, sur la péninsule de Langanes. Nous y faisons le plein et nous mettons en quête du camping, ouvert ou pas. Nous le trouvons mais c'est en travaux, difficile d'accès et le vent, prévu très fort dans le sud, se renforce également sur ce versant. Nous décidons de repartir vers Bakkafjordur, 50 km plus tôt mais sur un fjord moins exposé. Le camping est là aussi fermé mais nous trouvons rapidement comment rejoindre un espace relativement protégé du vent et, par chance, doté d'une borne électrique activée. Bien que nous soyons autonomes sans électricité en utilisant notre chauffage au gaz, nous continuons à privilégier l'électricité pour ne pas finir notre 2ème bouteille de gaz avant la fin du séjour.
La nuit arrive, petit coup d'oeil à l'appli « Northern Eye Aurora Forecast » qui nous donne le pourcentage de chances de voir des aurores à l'emplacement où nous sommes, pour le moment 12%, pas terrible. Les prévisions sont meilleures vers 1 ou 2 heures du matin, idem pour la couverture nuageuse d'après le site « en.vedur.is », on verra plus tard si on a de la chance !

De Husavik à Myvatn

Ce matin réveil un peu difficile, on rêve d’une bonne douche. On a repéré une source chaude a moins d’1km. On saute le petit déjeuner et hop on file par 0 degrés chercher la source. Arrivé sur place celle-ci est fermée. 😕 on comprend vite pourquoi la commune est en train de construire une nouvelle piscine avec vue sur le fjord et la chaleur de la source est récupérée pour la piscine. Celle-ci n’est pas ouverte, trop tôt. Nous filons à l’ancienne, pas ouverte non plus. Un peu ronchons on se dirige vers le port et ses magnifiques bateaux en bois dont certains emmènent à la découverte des baleines.

Nous montons ensuite vers le grill 66 dans l’espoir d’y prendre un breakfast. Nous voyons une belle assiette bacon œufs sur le menu. Le sourire revient mais l’employé nous informe que la cuisine n’ouvre pas avant 11h. Ce sera un café et un petit encas au jambon que nous engloutirons. Il y a des jours comme ça, faut pas lutter. On fait un plein de carburant et partons pour une geocache qui nous amène au geyser de Badstofuhver, pas de grands jets en l’air mais ça bouillonne dur et crache régulièrement.

Nous quittons l’endroit avec toujours en tête l’idée de se laver. Nous passons devant la piscine du village, fermée elle aussi. Décidément pas de bol. Bon on verra ça ce soir, avec un peu de chance on trouvera un camping d’ouvert. On décide de partir voir le lac Myvatn et d’en faire le tour. Une grosse partie de celui-ci est encore gelée.

Nous faisons un premier arrêt aux pseudo-cratères de Skutustadagigar. Cela ressemble à un cratère de volcan mais n’a pas de cheminée volcanique. Ils se sont formés par contact entre une coulée de lave et l’eau du lac, ce qui crée une explosion de vapeur. Le drone part survoler tout ça malgré un certain vent, ce qui ne pose pas de problème au décollage et durant le vol, mais rend l’atterrissage un peu hasardeux, ce qui nous donne l’occasion de voir comment changer une hélice (le pack combo de DJI contient des hélices de rechange et les tutos internet expliquent très bien qu’il y a 2 sortes d’hélice, ne pas se tromper…).

Nous continuons le tour du lac et découvrons des blocs de lave sur le bord, qui méritent un arrêt. C’est superbe et idéalement bien placé au bord du lac, on comprend pourquoi les elfes habitent ici. Nous en profitons pour partir à la recherche d’une géocache que nous trouvons perdue au milieu des rochers et de la neige, sur un surplomb qui nous donne l’occasion de profiter de la vue.

L’arrêt suivant se fait au champs de lave de Dimmu Borgir. Il s’agit d’une espèce de forêt de roches volcaniques au milieu desquelles se trouve une randonnée de 2,5 km qui fait découvrir des formes étranges, des roches trouées et un lieu nommé « l’église », caverne percée dans la roche, d’un calme total quand nous y étions (seuls, nous avons croisé 2 groupes qui partaient). La neige rend la marche plus fatigante malgré les crampons et nous espérons profiter du bar ou restaurant aperçu près du parking, mais tout est fermé.

Nous repartons pour l’étape suivante de notre circuit : Hverjfall. Il s’agit d’un volcan apparu il y a 2500 ans, dont le cône de 250 mètres de haut et 1200 mètres de diamètre se voit dans toute la région du lac. Nous empruntons le chemin qui y mène et arrivons à un premier ensemble de voitures stoppées malgré le fait que le chemin continue. Nous décidons, la neige ne semblant pas trop épaisse, de passer avec Junior pour aller nous garer un peu plus loin. Nous arrivons à un second lieu de parking, mais le chemin semble toujours se poursuivre. Même décision, on continue ! Mais cette fois-ci nous ne faisons que quelques dizaines de mètres et la neige devient très épaisse, provoquant notre premier « plantage ». Rien de grave, nous ne pouvons juste plus avancer ni reculer… C’est l’occasion de sortir la pelle pour dégager les roues les unes après les autres afin d’essayer de ressortir en marche arrière. Plusieurs essais infructueux, il faut pelleter un peu plus… Nous sommes à 2 doigts de sortir les plaques de désensablement/déneigement, un dernier essai, ça sort !

Nous nous garons donc avec le second groupe de voitures, avec une expérience de plus à notre actif. Nous en profitons pour manger car l’ascension du volcan nous promet une bonne suée. Nous manquons un peu d’eau mais la neige est abondante, nous la faisons donc fondre puis la filtrons pour profiter de notre premier « café des neiges ». Petite marche pour rejoindre le bas du cratère qui nous donne l’occasion de discuter avec des Bretons de Mayenne (?) qui ont repéré Junior (il se voit un peu…). Ils ont déjà parcouru l’Europe en camping car pendant 6 mois et ont 1000 projets, comme nous. Nous les retrouverons plus tard sans doute, en attendant c’est parti pour une belle grimpette, sur la neige et la glace donc avec nos crampons, toujours aussi utiles quand on voit les positions ridicules voire dangereuses de certains promeneurs qui n’en sont pas munis… La vue depuis le bord du cratère est superbe, à la fois sur le cratère tout entier qui est là devant nos yeux, mais aussi sur toute la région, le lac gelé, les monts alentours. Là aussi nous envoyons le drone prendre quelques vues aériennes, tout se passe bien jusqu’à un moment où, en survolant le centre du cratère, nous perdons le signal. Plus moyen de diriger mais heureusement le DJI Mavic Air a une fonction « return to home » qu’il active de façon autonome dans ces cas là. Il prend donc le chemin de son point de départ et nous le retrouvons, rassurés après cet épisode sans doute provoqué par le magnétisme du cratère. Nous restons un moment à admirer puis reprenons la promenade vers le bas pour retrouver Junior et reprendre la route.

Le GPS nous indique 2 sources chaudes, nous espérons trouver à nouveau un petit coin de nature où faire trempette comme dans le sud il y a une semaine. En fait le premier site, Grjotagja, est une grotte où une scène de « Game of Thrones » a été tournée. Petite déception, pas moyen de descendre à cause de la neige (sans John…) qui rend le site dangereux et qui ne permet pas de voir où on va car il y a beaucoup de vapeur. A voir plutôt l’été sans doute. Le second site est bien une source chaude mais tout est aménagé et payant : Myvatn Nature Baths. C’est superbe mais nous cherchions quelque chose de plus sauvage, nous passons notre chemin mais restons à discuter à nouveau avec les Bretons de Mayenne que nous y croisons.

Il est temps de rejoindre le camping et nous poser pour profiter de la soirée et nous reposer en prévision des autres visites à venir dans cette superbe région. Le camping n’est pas exceptionnel, un peu cher, mais c’est ouvert et il y a des douches !

De Hofsos à Husavik

Aujourd’hui, opération « rescue », Junior est devenu le Saint Bernard islandais !

Départ de bonne heure et c’est parti pour une folle journée. Un premier arrêt pour une géocache. Nous nous emmanchons sur une petite route qui mène à un ancien petit port. De grosses plaques de neige et de glace bien épaisse nous font douter du retour. Après quelques recherches, pas moyen de trouver la cache. Va falloir refaire le chemin à l’envers, c’est pas gagné. Première frayeur, la roue arrière de junior glisse dans une grosse ornière, ça passe et ça ne casse pas. Devant nous s’annonce une montée qu’on n’est pas sûre de franchir. Ce serait ballot il n’y a pas d’autre route. Mode première courte et là miracle, le tracteur se met en route et ça monte en douceur. Une bonne nouvelle, on ne restera pas planté là. Un grand merci à Jean-Pierre Fontenay et ses tutos sur la conduite 4×4

Nous reprenons la route et traversons de nombreux tunnels et petites stations de ski. Il y a encore beaucoup de neige. Nous décidons d’aller voir à quoi ressemble une station islandaise. Celle que nous voyons est de petite taille, le bas des pistes se situe à 200m d’altitude.

En repartant nous croisons un islandais en difficulté, il a planté son gros 4×4 sur le bas côté et pas moyen de ressortir. Nous lui proposons notre aide. Sangle kinetic sortie, Junior se met en position. Il dérape dans tous les sens car la route est gelée. Ça ne veut pas sortir. Nous essayons une autre position de manœuvre, le gars accélère et les deux roues avant de son Nissan Navarra creusent et font de grosses ornières. La corde se met en tension et junior nous fait un beau balayage sur le côté, l’embrayage commence à fumer. On arrête tout, trop périlleux. Après quelques gouttes de sueurs nous reprenons la route un peu sous le choc de cette nouvelle expérience et notre islandais part demander de l’aide à un tracteur et cela toujours avec le sourire et de bonne humeur.

Cette aventure nous a donné faim. Nous nous arrêtons dans un super petit resto bar, « Bakkabraedurkaffi ». Soupe de poisson à volonté et de la volonté on en a. Belle petite pause dans cet endroit atypique.

Départ pour une seconde géocache. Nous nous arrêtons sur le petit port de Hjalteyri . Quelques minutes de recherche sur le ponton qui mène à l’embarcadère (sorties baleines) et nous trouvons la cache avec un nain voyageur à l’intérieur qui vient des USA. La boite est endommagée et nous la remplaçons par une boite de café soluble que nous entourons de scotch fluo. Nous la cachons à nouveau et allons faire une petit tour plus loin.

On avance un peu plus sur ce site, le long de la vieille usine désaffectée et nous apercevons un panneau qui semble indiquer quelque chose dans les fonds sous-marins. Un fois que nous avons trouvé la partie en anglais (on ne maîtrise toujours pas l’islandais…), nous comprenons qu’au fond du fjord (c’est la mer) se trouvent plusieurs cheminées formées depuis 11 000 ans par des sources chaudes à 79°C. La plus grande part du fond (à 70 mètres de profondeur) et remonte jusqu’à -16 mètres soit près de 55 mètres de cheminée ! On aperçoit en face du panneau un centre de plongée ou l ‘instructeur PADI est en train de mettre sa combi étanche. Nous amorçons la discussion et celui-ci nous propose de monter voir le petit musée du centre. Il nous explique les différents sites sur place et la formation des cheminées géothermiques de Strytan, unique au monde, qui se trouve tout près de nous. Les minéraux remontent dans la cheminée et au contact de l’eau continuent à faire croître la structure. Il nous montre de nombreuses photos de la vie très riche qui profite de cet oasis sous-marin. Il est ensuite temps pour lui de partir, son matériel de photo est prêt, il rejoint on zodiac et nous laisse devant le centre de plongée où se trouve un jacuzzi géothermique, eau à 40°C, où les plongeurs peuvent venir se détendre ou se réchauffer.

Après cette chouette incursion nous repartons direction la grosse ville du Nord, Akureyri, où nous faisons un tour rapide.

De retour sur le parking des anglais semblent en difficulté avec leur fourgon. Plus de batterie visiblement. Nous sortons les câbles et hop il pourront continuer leur périple aujourd’hui. Décidément c’est une journée rescue !

Nous prenons maintenant la route direction les cascades de Godafoss et Geitafoss. Une pure merveille dans son écrin de neige. Le temps est magnifique et les reflets du soleil nous permettent de faire de belles photos. Le drone fait un petit tour du côté droit de la cascade et du coté gauche, la totale. Nous restons 1h30 sur le site, c’est magnifique. Juste une petite parenthèse et notre coup de gueule du jour. A Godafoss nous avons eu les tripes retournées quand nous avons vu des inconscients s’approcher du bord pour un selfie ou pour « la photo ». Franchement risquer sa vie pour un cliché c’est complètement stupide. Le principal c’est ce que l’on voit avec ses yeux et avec son cœur.

La journée est bien avancée et il faut trouver un lieu pour la nuit. Nous arrivons à Husavik où le camping est fermé pour l’hiver. Nous essayons les bornes électriques et yes, ça fonctionne ! Demain une autre aventure commence, nous partirons à la découverte du « cercle de diamants ».

De Bordeyri à Hofsos

Encore une journée exceptionnelle. Nous sommes tombés amoureux du Nord. C’est splendide ! Départ de bonne heure par moins 6 degrés, frisquet mais le temps est ensoleillé. Nous démarrons donc la journée plein d’enthousiasme comme d’habitude. Qu’allons nous découvrir dans ces fameuses terres du nord qui nous ont tant fait rêver ? Direction la péninsule de Vatnsnes. Notre premier arrêt sera la fabrique de vêtements en laine de Hvammstangi. A peine entrés nous sommes pris en charge par une dame qui nous propose de faire le tour du propriétaire. On ne se fait pas prier. Elle nous montre toutes les machines et nous avons droit une visite guidée et commentée. Elle nous explique tout le processus qui va du tissage des motifs à base de laine d’Islande, au lavage, brossage (en 2 phases dont la première avec des plantes d’Espagne), séchage, découpage et assemblage. Nous lui demandons si nous pouvons faire des photos ce qu’elle accepte avec gentillesse. A la fin de la visite elle nous offre deux petit morceaux de couverture en laine dont le motif est un puffin.

Nous reprenons notre route tous heureux de cette découverte. Quelques kilomètres plus loin ce sont des phoques qui nous font de l’œil.

Petite photo et hop c’est reparti pour 2 km où nous faisons un long arrêt pour savourer la gentillesse des chevaux islandais. Nous faisons le plein de câlins, que du bonheur.

La route traverse les plaines bordées de fermes. C’est dans le nord que se trouvent les exploitations et les moutons. Nous ne les verrons pas car on nous a expliqué qu’ils restaient dans les étables jusqu’à fin avril début mai. Par contre nous découvrons sur une des plages un enclos de triage compartimenté, où chaque propriétaire a sa zone. Le tri se fait en septembre après le rapatriement à cheval des moutons.

Au fil des virolos nous arrivons sur le fameux Troll figé « Hvitserkur » qui fut pétrifié par le soleil alors qu’il lançait des pierres sur le monastère de Pingeyrar. C’est un bloc de basalte de 15 mètres de hauteur. Encore une belle opportunité pour faire tourner le drone et ramener de belles images.

A quelques centaines de mètres de là nous apercevons une colonie de phoque impressionnante. Ils sont des dizaines. Une partie se trouve sur une bande de sable noir tandis que l’autre donne l’impression que les animaux sont en suspension sur l’eau. De loin nous avions l’impression de voir des morceaux de bois flotté. Merveilleux, époustouflant, magique. Nous les entendons grogner au loin. Nous nous mettons près de l’eau en tapotant celle-ci. Deux d’entre eux curieux s’approchent pour voir ce que nous faisons . Wouahhhhh ! Quelle chance nous avons d’autant que le paysage est à couper le souffle. Difficile de repartir alors nous décidons de pique niquer sur une table mise à disposition, histoire d’en profiter encore un peu.

La route 711 nous balade, nous secoue dans tous les sens. Merci Old man Emeu (OME, nos amortisseurs). Ça grimpe, ça glisse, un vrai champ de mines mais junior courageux fait face. Enfin la N1 à l’horizon et petit moment de répit pour le chauffeur qui transpire à nouveau des mains.

Petit arrêt à Glaumbaer, ferme du 11e siècle en tourbe.

Nous repartons après quelques clichés et tombons par hasard sur l’église de Grafarkirkja. A voir, c’est vraiment très joli.

Il est temps pour nous de trouver un endroit pour la nuit et nous arrivons dans la ville de Hofsos où comme d’habitude le camping est fermé. Nous demandons à la supérette si nous pouvons nous y installer et ça ne pose pas de problème. Les bornes électriques fonctionnent. Par contre pas de douche donc petit tour à la piscine municipale dont le bassin donne sur le fjord et la montagne en toile de fond, juste superbe pour une bourgade de 190 habitants. En Islande tous les villages ont semble-t-il leur piscine !!! ha oui deux choses : ouvert le week-end 11h/16 h et tout le reste de la semaine 7h-13h et 17h-20h. Pour la douche dans les piscines islandaise il faut juste savoir qu’on ne prend jamais sa douche en maillot de bain et les douches sont communes. Une pancarte explique les zones ou il faut bien se nettoyer et tout cela sous l’œil vigilant parfois de dame piscine. Aujourd’hui on nous a fait confiance pas de surveillance. Ouf !