Les fjords du Nord-Ouest

Les hésitations ont été nombreuses avant de décider d'un itinéraire pour cette journée. Il fallait prendre en compte le vent, quasi disparu maintenant, la neige sur certaines zones, les routes bloquées, glacées, enneigées ou juste ouvertes. Tous les paramètres mis bout à bout, nous avons décidé de partir à la découverte des fjords du nord ouest, loin des routes touristiques. L'itinéraire de 350 km zigzague au gré des possibilités d'accès. Une chose est sûre, les fjords du nord ouest se méritent, car pas moyen en hiver de faire une boucle, il faut choisir entre la partie sud par la 62 ou, ce que nous faisons, la superbe 61 qui serpente de fjord en fjord. Nous passons Holmavik, joli petit village avec son église perchée, son N1 (station service) et un petit supermarché qui sert le café le moins cher que nous ayons trouvé jusqu'à présent, mais à volonté et avec des oreos 🙂
Nous rejoignons un petit fjord par une route de montagne toute blanche, avec de superbes montées et descentes et surtout à travers les nuages. Les pneus accrochent toujours aussi bien, nous passons à côté des zones d'installation de chaînes sans nous arrêter. 
Nous enchaînons au fil des kilomètres les fjords de Skotufjordur, Hestfjordur, Seudisfjordur, Alftafjordur, … Nous faisons de nombreux arrêts tout au long, pour trouver une géocache perdue près d'un superbe petit pont (surprise, il y a un objet voyageur à l'intérieur, venu des Etats-Unis). Nous faisons 3 arrêts pour « droner », un à côté d'un beau pont près duquel 2 aigles s'envolent à notre arrivée, un pour prendre des vues d'un superbe fjord et un dernier pour rendre une visite la plus courte et discrète possible à une colonie de phoques. Le DJI Mavic Air est vraiment efficace, facile à manier et les options commencent à être mieux utilisées.
Nous arrivons à Isafjordur, la grande ville du nord ouest de l'Islande avec ses 2636 habitants. Nous choisissons de poursuivre directement vers notre destination, sachant que nous ferons tout le chemin en sens inverse pour repartir, ce qui nous laissera le temps demain de voir cette petite ville. Nous poursuivons donc par un tunnel qui a deux aspects étonnants : tout d'abord il contient un embranchement, après 3 km on peut choisir d'aller vers une vallée ou l'autre. Nous prenons à gauche, direction Pingeyri, notre destination du soir. L'autre particularité, outre le fait d'être creusé dans la roche et un peu « brut », est de finir sur la moitié en « single track road », 1 seule voie de circulation, avec des zones de croisement régulières.
Nous ressortons dans le dernier fjord du jour et rejoignons Pingeyri, 260 habitants. Nous arrivons avec un certain doute sur le fait de trouver un camping et plus nous avançons, plus le doute se renforce. Il s'agit de la dernière bourgade avant la fin de la route car la suite n'est ouverte que l'été. Autant dire que les touristes ne sont pas nombreux ici en hiver ! Nous traversons donc le petit bourg, le port et arrivons au niveau de l'église. Nous apercevons devant un édifice qui s'avère être, comme semble-t-il dans toutes les villes et tous les villages, la piscine. Et juste à côté, un panneau indique un camping, si si, au milieu de rien, tout au bout de la route, un camping. Bien sûr on se dit que tout va être fermé mais qu'au moins on pourra stationner sans être dans l'illégalité, vu que le ministre du camping a interdit en 2016 le camping sauvage pour les véhicules aménagés, sauf accord explicite du propriétaire. Hé bien non, il y a des caravanes et des tentes partout, la musique tourne, le DJ est à fond, c'est soirée accueil pour les nouveaux, ici aussi il y a le pôt d'accueil et soirée karaoké ! Hum, ok je m'égare, il n'y a personne bien sûr et c'est tant mieux ! Un écriteau nous indique de s'adresser à la piscine où nous payons notre séjour et où on nous indique une petite maison où se trouvent les services. C'est au final le site le mieux équipé de tout notre trip (on verra la suite...) ! Il y a une grande cuisine chauffée et équipée, avec vue sur les montagnes. Il y a aussi des sanitaires, toujours chauffés par le sol, où nous trouvons une douche fort appréciée.
Nous faisons un petit tour du village pour trouver des œufs et quelques autres courses (il y a tout au N1) puis repassons à la piscine où la dame de l'accueil a eu le temps de vérifier avec la personne qui gère les routes, c'est bel et bien bloqué et ne sera ouvert que fin mars. Nous devrons donc, comme prévu, refaire le trajet en sens inverse pour rejoindre le nord de l'île.
Nous profitons de la cuisine pour se faire un bon petit repas, vider les photos et vidéos des différents appareils (un article sur le matos de prise de vue à venir), admirer le paysage et attendre la nuit pour voir si avec beaucoup de chance nous pourrions observer à nouveau des aurores boréales...

De Stykkisholmur à Budardalur

Wind is coming ! Nuit agitée, bourrasques non stop et bidouillage plusieurs fois pendant la nuit afin de trouver la bonne température de notre nouveau chauffage. Trop chaud, trop froid !
Nous jetons un œil dehors au levé du soleil, il vente, nous  sombrons à nouveau dans les bras de Morphée jusqu'à 9h30. Au réveil nous partons nous installer dans la cuisine du camping pour au final y rester jusqu'à 13h30. La météo n'est pas bonne, un vent qui se renforce est annoncé. Nous ne prenons pas de risque et restons en compagnie d'un américain de Floride, chasseur d'aurores boréales, à discuter et à préparer un itinéraire pour le nord. Chacun s'affaire sur "road.is" et "en.vedur.is", le premier pour avoir les conditions de route, le second pour avoir la météo des prochains jours, mais on y trouve aussi les zones de vent, les températures, les précipitations, les séismes des 48 dernières heures et pour finir, très utile pour notre américain en quête de photo : la couverture nuageuse et la probabilité d'avoir des aurores !
Plus c’est vert, plus les chances d’aurore boréale sont grandes… s’il n’y a pas de nuages !
Ce sera également l'occasion d'une réparation de fortune d'un de nos blouson "North Face" dont la fermeture a lâché. On décide d'installer une large bande de velcro en remplacement et le tour est joué. Toujours emporter avec soi du scratch double face car ça répare beaucoup de choses. (petit passage en boutique tout de même par sécurité pour acheter un kit de couture, qui n'était pas encore dans notre check-list)
En début d'après-midi nous décidons d'aller visiter le centre de Stykkisholmur. Très jolie ville où l'ambiance y est typiquement Islandaise : maisons de couleur, petit port, neige et montagne en toile de fond. Nous apercevons le ferry qui traverse vers les fjords du nord et renonçons à le prendre, Karine, rien qu'à le voir, à des haut-le-coeur, sans doute des restes de la traversée vers l'Islande...
Nous gravissons la colline qui domine la ville, du nom de Stykkio, où se trouve le phare. La vue est magnifique sur les îles alentour. Le café du port nous fait de l’œil et l'idée d'aller y prendre un chocolat chaud nous ravie déjà.
Junior trépigne d'impatience à l'idée de reprendre la route. Nous ne sommes pas déçus, le ton est donné, ce sera de la piste pour rejoindre notre camping. Nous croisons quelques semis remorques qui nous font penser aux road trains d'Australie, ils roulent vite et la piste ne les effraie pas. Les paysages défilent et notre fascination pour ce pays ne faiblit pas. Comme d'habitude nos yeux de lynx nous avertissent d'un petit quelque chose au loin. Nous nous engageons sur un chemin tortueux, direction la mer où nous apercevons un bateau échoué. Ce sera l'occasion de sortir le drone pour une séance vidéo. 
Le temps passe vite et il faut maintenant rejoindre notre point de chute du soir, ce sera un camping avec douches chaudes, le grand luxe ! Junior en aurait bien besoin lui aussi...

De Reykjavik à Snaefellsnes

Réveil sous la neige ! C'est chouette de voir junior sous les flocons.
Notre matinée sera bien occupée car il faut que l 'on trouve une bouteille de gaz pour remplacer celle qui vient de se terminer. Nous avons fait 7 nuits avec la notre en chauffant à 17° et en ne cuisinant quasiment pas sur la plaque. Premier arrêt dans un dump point (pour vider les toilettes chimiques) et le deuxième dans une station service pour le gaz. On trouve une bouteille de propane et un détendeur qui ressemblent à ce qu'il nous faut. Quelques essais plus tard, ben ça le fait pas. Nous rendons l'ensemble à la station qui ne peut pas nous reprendre la bouteille car nous l'avons dégoupillé mais qui nous fait un voucher du total. On en profite pour remplir notre jerrican de 20 litres en gazole et attraper des sandwichs pour le midi et quelques bricoles genre chocolat miam miam ça nous manquait !
Bon c'est pas le tout de s'extasier sur le chocolat mais il faut trouver une solution pour nous chauffer avant que la deuxième bouteille ne nous lâche. Direction magasin de bricolage où nous trouvons notre bonheur un petit chauffage jaune qui dépote du 1000 watts et plus. Celui que nous avions emmené au cas où ne renvoie que du 300 watts ce qui est super juste,  on s'en est vite aperçu. Nous testerons ce soir. Il nous reste 10 jours de voyage et calcul fait il faut qu'on fasse 5 nuits avec électricité pour réussir à tenir jusqu'à notre retour avec le gaz.
Nous prenons maintenant la direction des péninsules de l'ouest. Nous passons sous le tunnel de Hvalfjordur qui en principe est payant. Nous ne trouvons pas où nous acquitter de la taxe. Après quelques recherches sur le net nous trouvons enfin notre réponse : le tunnel n'est plus payant depuis septembre 2018. Nous continuons notre route et découvrons les paysages. Il n'y a rien à jeter comme d'habitude. La terre y est très volcanique et nous zigzaguons au travers des champs de lave refroidie. C'est un univers très particulier où de nombreux films ont été tournés. On comprend vite pourquoi ! (Interstellar, Prometheusn Thor etc ).
Petit arrêt à l'église de Budir toute en bois noir très jolie. Nous rencontrons des français qui nous indiquent la gorge de Raudfeldsgjà. Nous nous y rendons et grimpons jusqu'à l'entrée, à l'aise comme des cabris grâce à nos crampons, contrairement aux autres visiteurs qui repartent à tout petits pas pour ne pas dévaler la pente. Nous nous faufilons à l’intérieur, c'est très chouette. L'idée d'y faire tourner le drone nous a frôlé mais vu le nombre d'oiseaux qui y nichent nous nous ravisons pour ne pas les déranger.
Ensuite direction Hellnar où le vent monte en puissance. Là bas nous y découvrons de petites merveilles géologiques faites d'arches et de trous dans la roche où la mer s'engouffre avec fracas. C'est un véritable paradis pour les oiseaux  et nous en profitons pour en filmer quelques-uns donnant la becquetée à leurs petits.
Au loin nous apercevons l'ombre d'un gros château, bizarre on ne nous a jamais parlé de ce genre de monument en Islande. Nous nous rapprochons et Londrangar se dresse devant nous : une formation en basalte qui effectivement de loin ressemble à un château.
Nous poursuivons notre route et nous entrons dans le parc national du Snaefellsjokull, volcan endormi surplombé par un glacier. Nous quittons la route 574 pour emprunter la piste 579 en direction du phare d'Ondverdarnes. La route sillonne à travers les roches volcaniques et le paysage nous donne l'impression d'être sur une autre planète.
Nous poursuivons notre route afin de rejoindre Stykkisholmur et son camping à travers un paysage enneigé et bordé de fjords. Camping à l'horizon, un accueil en principe ouvert entre 20h30 et 21h. Nous nous y présentons et là personne. Le camion est branché sur une prise qui fonctionne, ce soir nous n'aurons pas froid, c'est déjà ça.

Reykjavik

Rien de tel qu'une bonne nuit récupératrice pour partir à l'assaut de la capitale ! Travels bug en poche c'est parti pour la chasse aux caches et découverte de cette jolie ville. Premier arrêt devant le bateau viking en métal « sun voyager » sculpture de Jon Gunnar Arnason (c'est donc le fils de Arna, car en Islande il n'y a pas de nom de famille mais une courte description de la lignée. Un homme aura donc comme « nom » le prénom de son père suivi de « son » et une femme aura toujours le prénom du père suivi de « dottir »). Nous continuons nos pérégrinations jusqu'à la salle de concert de la « Harpa », bâtiment en verre qui semble tout cubique mais l'intérieur vaut vraiment le coup d’œil car le plafond et les murs y sont travaillés en prismes. Magnifique !
Ces différents lieux, et le suivant, nous amènent également à poursuivre notre quête de geocaches (petites boîtes cachées partout dans le monde, voir geocaching.com). Nous avions pris avec nous plusieurs objets voyageurs (objets référencés dont les propriétaires peuvent suivre les mouvements) avec nous en provenance de Bretagne et nous le échangeons avec d'autres objets trouvés ici, même si l'un d'eux arrive de Brisbane (clin d'oeil, nous y étions il n'y a pas si longtemps). Les échanges faits, nous remettons les boîtes en place pour les suivants. 
Déjà 14h et nos estomacs nous rappellent à l'ordre. Nous nous arrêtons pour un fish and ships sur le port. Amusant car à peine entrés le cuistot nous montre une carte avec des photos de différents poissons et nous dit « aujourd'hui, ce sera celui là », du « sébaste », sans doute la pêche du matin. 
Nous profitons de notre balade en ville pour glaner quelques souvenirs. Junior va avoir un copain de route, un petit troll viking qui prendra bientôt place sur le tableau de bord. 
Nous faisons une halte au passage au studio de tatouage « Valkyrie Tattoo » pour un souvenir plus personnel. Une petite soif se fait sentir après les gouttes de sueurs laissées chez le tatoueur, cela tombe bien, le Hard Rock Café nous permet de profiter du « happy hour », les pintes ne sont pas si onéreuses qu'on le dit pour l'Islande (l'équivalent de 6,50 €).
Nous passons devant la cathédrale très imposante de face et à l'architecture bien particulière.
Nous déambulons à travers les quartiers où de jolies maisons en bois de couleur s'alignent. Le street art est très présent, nos yeux se promènent dans tous les coins pour en dénicher.. Reykjavik est une ville très sympathique . On s'y sent bien tout de suite.  

De Geysir à Reykjavik

La nuit passée à Geysir sur ce qui est presque un camping (pas âme qui vive là bas de nuit, ni autours malgré les quelques commerces), nous profitons du calme matinal pour déambuler dans le champs géothermique de Geysir. 8 heure du matin, il n'y a presque personne, sauf 2 ou 3 acharnés qui sont venus encore plus tôt à la recherche de la photo parfaite, appareils sur les trépieds, filtres, déclencheurs, … Nous, on fait ce qu'on peut pour capter les sursauts, non pas de Geysir qui en fait ne se réveille que 2 ou 3 fois par jours, mais de Strokkur, son voisin, qui lui bondit toutes les 5 à 10 minutes. La force est variable et ressemble parfois à un « pfff » tout calme, et parfois à un jet fier et fort... Nous profitons également du calme pour faire voler le drone et prendre quelques clichés et vidéos sympathiques.
Nous prenons ensuite la route de Gullfoss, cascade (vu que ça termine par « foss » vous aviez deviné...) majestueuse et puissante, en 2 niveaux, large dans sa partie haute et qui se jette dans un canyon dans sa partie basse. Le débit est impressionnant et pourtant nous sommes en hiver.
Nous rejoignons le parc de Thingvellir, où se trouve un immense lac bordé de failles impressionnantes. C'est à cet endroit que se tenait le premier parlement Islandais. Nous nous engouffrons dans une des failles, des frissons plein les bras, on se sent tout petits !
La suite de l'itinéraire doit nous amener vers la péninsule de Reykjanes (celle qui se trouve au sud ouest de l'Islande), avec plusieurs arrêts prévus avant d'en atteindre l'extrémité. Nous avons bien vérifié les conditions de route sur « road.is », idem pour la météo, rien à signaler. Surprise, la neige nous rejoint peu de temps après notre premier arrêt, à l'église « Strandarkirkja » (12ème siècle, sa belle histoire sur wikipedia...). 
La neige recouvre rapidement le paysage et la route, donc nous optons pour un trajet plus direct vers notre destination afin de ne pas nous retrouver bloqués. Nous arrivons après cette traversée blanche à Gardur, où nous avons repéré un camping ouvert l'hiver. Nous trouvons le lieu, tout au bout, à côté du phare. Il est indiqué de s'adresser au restaurant musée tout proche, repérable par des bateaux posés à terre. On nous indique le prix (pas donné) et surtout le peu de service, en particulier l'absence de douche. Le besoin d'hygiène l'emporte, direction Reykjavik où nous trouvons notre bonheur : le camping est presque ouvert, mais l'auberge de jeunesse proche fournit tous les services. Nous nous installons pour 2 nuits afin de visiter la capitale.

De Gljùfrabùi à Geysir

On ne s'en est pas rendu compte mais nous sommes dans un film du genre « un jour sans fin »...Encore une magnifique journée ! Elle commence juste après minuit où on se décide à sortir du camion car notre alerte aurores est à 46%. On installe le pied dans la neige et attendons. Plusieurs essais avec l'appareil photo et ça y est, on l'a capturé, elle est fugace, timide mais bien réelle. Clic clac le Nikon enchaîne les clichés. Il faut être honnête c'est loin d'être comme dans les reportages. A l’œil nu on aperçoit bien une sorte de voile lumineux léger mais ce sont les photos qui mettent en valeur la couleur verte. Nous avons un Nikon D60 qui a une dizaine d'années. Pour réussir a attraper une aurore nous nous mettons en « bulb » dans le mode « M ». On s'est équipé d'une petite télécommande à infrarouge qui lorsqu’on en appuie une première fois ouvre l'obturateur et le laisse ouvert jusqu'au second appui. Le zoom est mis en focus manuel. Nous avons laissé entre 10 et 15 secondes d'ouverture. Nous allons faire d'autres tests car nous étions en 1400 ISO ce qui donne une image de mauvaise qualité. On va essayer de descendre si nous avons la chance d'avoir un ciel dégagé. Bon ça n'est pas le tout mais il va falloir aller dormir.
Réveil tranquille avec un vent soutenu. Ce matin il fait froid, vraiment froid. Petite inspection des écrous qui tiennent la cellule et le plateau. Tout est ok.
Nous partons à pied munis de nos crampons à l'assaut des cascades Seljalandsfoss et Gljùfrabùi. Waouh que c'est beau. Le sol est bien gelé et nous ne sommes pas mécontents d'être bien équipés au vu des nombreuses personnes qui manquent de se rétamer par terre.
Balade terminée nous prenons la route direction le port de Landeyjahöfn où un ferry emmène les courageux vers les îles Vestmann. Le vent est impressionnant, nous ne restons pas longtemps. Quelques kilomètres plus loin, petit arrêt selfie avec un puffin « sauvage ».
Nous en profitons pour jeter un œil sur le guide et choisissons de partir découvrir la vallée de Pjorsàrdalur  par la route 26 jusqu'à la centrale électrique Sultartangastöd puis retour par la 32. HO MY GOOD !!! on a cru qu'on allait perdre notre coquille. Je n'ai jamais vu Stef transpirer des mains mais là franchement on n'en menait pas large. Gros vent, le camion ballotté dans tous les sens sur une piste volcanique où la neige s'en mêle, bref ne pas partir dans la pampa avec un vent à plus de 90 km/h. Une grosse frayeur mais aucun regret, aucune casse. Nous avons beaucoup appris sur le pilotage et franchement c'était magique.
Petit arrêt pique nique à l’abri relatif d'orgues basaltiques avant de reprendre notre route , revigorés, direction notre Graal. Après être passé par plusieurs villages où des dizaines de serres sont alimentées par de la géothermie, nous arrivons au milieu de nul part. Nous prenons un petit chemin de terre et là, le voilà, notre petit coin de paradis : « Hrunalaug ». Un tout petit « hotpot » perdu au milieu des collines enneigées. Une minuscule cabane de pierres au toit végétalisé nous attend. On se croirait dans le film « le Hobbit ». Inspection du lieu fait, nous repartons récupérer nos maillots. Nous poussons la porte de la petite cabane traversée par un filet de rivière chaude et prenons place dans une sorte de baignoire en pierre à ciel ouvert. L'eau est divinement bonne, sans doute 38° mais nous gardons tout de même nos bonnets sur la tête. Le bonheur à l'état pur : être en Islande en hiver par -2°C et pouvoir se détendre dans une source d'eau chaude naturelle perdue au milieu de rien et entourée par la neige. Au bout d'un long moment nous laissons notre place à un jeune couple pour nous poser dans le « grand bassin » où 2 français, un couple de Suisses et une Islandaise se prélassent. Nous prenons place et engageons la conversation. Quelques minutes plus tard nous profitons d'une gorgée de vin bu au goulot gentiment proposé par les suisses....improbable. L'Islande c'est vraiment le paradis !
Pour info camping fermé à Geysir alors qu'il est annoncé ouvert toute l'année, mais nous nous installons tout de même et miracle les bornes électrique fonctionnent. L'emplacement est à 50 mètres du geyser, on verra ça demain...

De Skaftafell à Seljalandsfoss (le Sud)

3ème jour et il faut qu'on se plaigne à l'office du tourisme !! C'est pas raisonnable de condenser autant de beauté sur un même pays. Nous commençons notre journée par une rando qui nous amènera au pied de la langue de Skaftafellsjökull. Des cordées se préparent pour découvrir le glacier. Nous prenons quelques photos et regrettons de ne pas avoir pris le drone qui n'est pas interdit ici. 
Comme tous les matins et plusieurs fois par jour nous consultons l'état des routes sur l'application « road.is » indispensable ici ainsi que la météo sur « en.vedur.is ». Le temps en Islande est très changeant et il n'est pas rare de passer de la neige au soleil.Après consultation des deux sites qui nous annoncent une route « slippery » et route « difficult driving » nous décidons de nous lancer.
Quelques kilomètres après notre départ la route devient enneigée mais roulante jusqu'à Kirkjubaejarklaustur où nous en profitons pour faire un plein de carburant et attraper hot dog et café. Nous avons bien fait car juste après, le paysage est devenu blanc et seules les balises jaunes sur les côtés nous permettent de repérer la route. C'est une première pour nous qui ne sommes pas habitués à la conduite sur neige et sur glace. Junior se comporte bien, pas de frayeurs mais beaucoup d'attention.

Petit arrêt sur un emplacement pique nique afin de voir comment le drone se comporte avec la neige. Un couple de Bretons que nous avions croisé un peu avant s’arrêtent afin d’échanger quelques mots et hop nous repartons sur cette route sans fin à l’univers spectral.

Nous arrivons à Vik sous les flocons et en profitons pour faire un plein de courses. Puis direction Reynisdrangar puis Reynisfjara où l'on découvre de magnifiques orgues basaltique ainsi qu'une superbe grotte, le tout au bord d'une plage de sable noir.
Quelques kilomètres plus loin nous entamons la montée vers les arches Dyrholaey. Nous ne nous attendions pas à un tel spectacle. Le paysage est digne des plus grands peintres et la palette de couleur est incroyable. On ne peut pas rester insensible à autant de beauté. Merci Gaïa de nous offrir tout cela. 
L'émotion passée et beaucoup de photos après nous redescendons direction Solheimasandur où un Douglas DC3 a fait un atterrissage d'urgence le 21 novembre 1973 à cause des conditions météorologiques. Le matériel militaire de l'US NAVY qu'il amenait ce jour là pour la station radar de Stokksnes n'est jamais arrivé.  L'épave se trouve à 4km du parking où une navette peut vous emmener jusqu'à l'avion. Nous y sommes allés à pied vu le tarif exorbitant de la course soit 18 euros aller/retour par personne. Arrivé au pied de l'épave difficile de faire des photos car beaucoup de personnes veulent faire la pause sur l'épave, dans l'épave, bref peu de discipline et de respect. Nous décidons d'envoyer le drone dans les airs faire un tour. On n'est pas mécontents du résultat. 
Retour au parking avec vue sur les les montagnes au  coucher de soleil, la journée se termine en beauté. Nous partons nous installer au camping près d'une cascade à Seljalandsfoss.

De Djùpivogur à Skaftafell (Sud-Est)

Quelle journée !! A peine quelques kilomètres d'effectués que nous croisons un troupeau de rennes sur la route. Un petit air de Norvège, la neige en plus. Le drone trépigne dans sa sacoche et un arrêt cascade s'impose. 
Nous en profitons pour faire un essai de véhicule suivi par le drone. Les appareils photos s'en donnent à cœur joie et les chevaux Islandais prennent la pause.
Plus nous avançons et plus nous découvrons les lagunes encore gelées, entourées de sable noir. Petite pause au « viking café », petite ferme à Vestrahorn à gauche juste après le tunnel. Site sympa avec un décor de village viking qui, il semblerait, servira un jour peut-être pour un film !! Attention le café latte n'est pas donné (6 euros et la tarte 7 euros) mais très bon par ailleurs. Le ticket pour l'entrée au site est d'environ 8 euros, mais permet d'accéder à de superbes vues de la montagne.
Petite pause Fish and chips sur le port d'Hofn au « Hafnarbùdin ehf », très bon. Aujourd'hui 6 mars nous sommes le « Ash day », les enfants se déguisent et viennent collecter des bonbons dans les commerces contre une chanson. Nous roulons ensuite vers les langues de glaces. Junior s'enfonce dans les terres pour sa première excursion vraiment off road, du relief, de la neige, ... Le chemin de 8 km nous amène jusqu'au glacier de « Heinabergsjökull ». Nous voilà seuls au monde devant cette banquise aux reflets bleutés. Pas le tout d'arriver jusque là mais il faut repartir et la côte est sérieuse et rocailleuse. Utilisation de la première courte (pour les connaisseurs de 4x4) pour ce passage. Les pneus accrochent et Junior avance malgré son poids et sans délester de l'avant.
Nous reprenons la longue route droite direction la lagune glaciaire de « Jökulsàrlon ». Ce site très fréquenté où d'énormes 4x4 déposent les touristes. L'endroit est magnifique mais trop de monde à notre goût, surtout après notre escapade au glacier précédent. Nous en profitons pour prendre quelques clichés (pas de drone, c'est interdit ici). Les phoques prennent la pause et un aileron non identifié passe devant nous. Premier autocollant aussi pour Junior, on garde le habitudes prises à moto.
Le ciel s’assombrit et la neige s'invite, recouvrant le sable noir de son manteau blanc. Nous nous hâtons de rejoindre « Skaftafell » où nous camperons pour la nuit.

Terre de glace et de feu

Terre à l'horizon ! Terre de glace et de feu. Nous en avions 1000 fois rêvé et la voilà. Elle se mérite, 60 heures éprouvantes de bateau, des creux de 6 mètres, un arrêt de 8 heures aux îles Féroé en pleine tourmente. Le voilà le fjord Seydisfjördur, notre porte d'entrée pour l'Islande.
A peine sorti du ferry Junior fait ses premiers pas sur la neige. Pas le temps de réfléchir ou d'apprendre. On y est dans ce fameux  « Grand Nord ». Maintenant il faut rouler, rouler pour arriver à notre premier campement. La route est enneigée et glacée et déjà notre premier col à passer. Un peu de stress mais nous avons de la chance le temps est avec nous, grand ciel bleu et le soleil nous aide à nous détendre progressivement.
Le paysage défile sous nos yeux ébahis. Première pause photo afin d'alimenter le blog. Nous sommes encore sonnés de la traversée et un premier arrêt pique nique s'impose, le supermarché dispose d'un coin repas où s'installer. Moins 11° il ne fait pas chaud. Nous reprenons la route. Les pneus réagissent à merveille, le démarrage en côte se fait sans difficulté et le passage en mode 4x4 nous rassure dans les montées quand l'adhérence devient plus limitée. Nous suivons la route 93 puis la route n°1 par Reydarfjördur puis longeons la côte jusqu'à Djùpivogur, petit village surgit de nul part où nous allons passer la nuit.
Personne à l'entrée du camping (ni dans le camping lui-même d'ailleurs), il faut aller à l’hôtel situé dans le « centre » afin de récupérer le code d'entrée pour la cuisine commune et les sanitaires. 
23H nous surveillons le ciel peut être aurons nous la chance d’apercevoir une aurore boréale, en attendant les stalactites s'installent...

Préparation de la cellule

La cellule que nous avons acheté avec le L200 est une Clémenson, modèle Explo 44 finition confort. Elle s'installe sur un fond plat donc elle est d'une largeur plus importante mais il faut retirer la benne du pick-up et la remplacer par un plateau vissé au chassis par 6 gros points de fixation, la cellule en ayant elle-même 4 sur le plateau.

Un gros avantage : elle est large donc il y a de la place à l'intérieur, mais cela se paye par un poids important. En terme d'aménagement il y a un coin repas , un espace couchage avec assez de place pour mettre un grand lit, un coin toilettes/douche/lavabo, un coin cuisine et des rangements dispersés partout où c'est possible. Il y a 6 points de lumière (1 fenêtre dans la salle de bain, 1 côté repas, 1 côté cuisine, 2 dans la chambre et un lanterneau). Toutes ces ouvertures disposent d'une moustiquaire, d'un rideau occultant et nous avons aussi un doublage qui peut s'installer pour garder la chaleur. Il y a une porte à l'arrière et aucun moyen pour le moment de passer directement vers le poste de conduite, mais ça fait partie des réflexions.
Côté technique, il y a 3 parties : l'électricité, l'eau et le gaz. 

Pour l'électricité, le stockage se fait dans une batterie séparée de celle du véhicule, qui se recharge de 3 façons : quand on roule avec l'alternateur une fois la batterie du véhicule assez chargée, avec la panneau solaire qui se trouve sur le toit et enfin quand on est connecté au 220 V grâce à la prise située à l'extérieur. Nous avions à l'origine un frigo mais la consommation nous a semblé trop importante et nous avions pris l'habitude à moto de gérer les produits frais à la journée. Pour la petite bière fraîche, suivant les pays il suffit de la mettre dehors ou d'aller au pub... Un panneau de commande nous permet de voir la charge restante et de mettre en tension ou pas les lampes, la pompe à eau, … Le chauffage (TRUMA 4), même s'il fonctionne au gaz, a besoin d'un peu d'électricité pour le panneau de commande et le ventilateur qui assure la circulation de l'air. Pas d'électricité, pas de chauffage... Mais aux dernières nouvelles nous produisons plus de courant que nous n'en consommons donc pas de soucis, on verra par temps froid si ça tient.

Pour l'eau il y a 3 réservoirs : un pour l'eau propre, 80 litres, qui se remplit par l'extérieur et qui sert pour le TRUMA (eau chaude), le lavabo, la douche, les WC et l'évier. Les 2 autres réservoirs font 30 litres chacun et permettent de recueillir d'un côté l'eau de l'évier, de l'autre côté tout le reste (hors WC qui ont leur cassette dédiée). Le niveau d'eau propre et le fait qu'un réservoir d'eau grise soit plein sont indiqués au niveau du panneau de commande électrique.

Pour le gaz il y a 2 bouteilles de propane « Elfi » jaunes. Cela permet d'alimenter les 2 plaques de la cuisine et sert pour le TRUMA : eau chaude et chauffage. Ce sera peut-être changé un jour pour des modèles au Diesel, qui vont chercher directement dans le réservoir, ce qui permet de ne plus avoir à gérer les bouteilles de gaz.
Côté préparation, il y a eu plusieurs petits chantiers. 

Le premier a été de choisir notre literie. Le matelas qui s'y trouvait nous a semblé lourd pour un confort relatif. Après plusieurs essais divers et variés avec le matériel dont nous disposions pour la moto, nous avons opté pour un autre choix toujours écarté à moto à cause du contact direct avec le sol : le matelas gonflable. C'est pour l'instant le meilleur choix poids / confort / isolation. On verra si ça tient dans le temps. 

Un autre chantier a été le nettoyage des cuves. Remplissage de tous les réservoirs avec de l'eau + produit spécifique, un peu de ballade avec secousses pour tout bien mélanger, vidange, remplissage à nouveau pour rincer, secousses, vidange... on fera pas ça tous les jours ! 

Nous nous sommes également attaqués au poids en retirant le frigo (qui nous semblait superflu), la porte de douche (remplacée par un rideau) et divers petits aménagements dont nous n'avions pas l'usage. Les joints ont été, comme pour le pick-up, passés à la graisse silicone. Nous avons doublé notre système de chauffage d'un chauffage électrique céramique (il faut du 220V). Enfin un jerrican a été installé à l'arrière pour stocker un peu de carburant en réserve. Une barre a aussi été ajoutée pour mieux verrouiller la cellule depuis l'intérieur (en cas d'attaque d'ours blanc...).

Nous avons également voulu mettre notre petite touche personnelle donc nous avons enlevé les autocollants qui se trouvaient de chaque côté et nous avons commandé 4 marquages : 2 « PHAREWEIZH jr » (Junior), une boussole et une carte du monde. Nous avons posé tout ça ainsi petite phrase offerte par des amis qui se reconnaîtront.
La cellule se dépose grâce à 4 pieds et d'un cric spécifique qui permet de remonter les côtés l'un après l'autre. Nous l'avons faut plusieurs fois pour emmener Junior chez MTT Auto. Il nous faut maintenant entre 20 et 30 minutes pour tout déposer et le même temps pour la remettre.  

Nous avons commencé à apprivoiser tout ça lors des quelques sorties / entraînements durant les mois de novembre, décembre et janvier et hop, en avant pour l'aventure en Islande !