Beaucoup de choses à dire sur ce voyage très différent des précédents !

Voilà déjà un aperçu de l’itinéraire… Descente et remontée qui seront modifiées quand on y retournera (voir en bas les projets), comme prévu descente du Maroc par l’est et grande boucle au sud (plus de piste qu’on ne pensait, on y est tellement bien) et remontée par l’est qui n’était pas prévue mais on a adapté à cause de la météo qui amenait des pluies diluviennes à l’ouest, et on n’a pas été déçus en approchant de Tanger…


Quelques chiffres d’abord :
– 25 jours dont 16 au Maroc
– 7855 km dont 3000 km au Maroc
– conso moyenne du Patrol : 10,5 litres / 100 km
– côté Maroc : 7 nuits en camping, 8 nuits en auberges et hôtel
– pour le reste : hôtels, famille et nuit dans la voiture…
– altitude max 3000 m
– 2 amendes à 150 dirhams
– des courses pas chères, surtout les légumes…

Le Patrol
On découvrait le véhicule, avec un aménagement minimal fait juste avant de partir pour ranger notre matériel. Les différents modes de fonctionnement (vitesses longues, vitesses courtes, déverrouillage barre de stabilisation, …) permettent vraiment de s’adapter à beaucoup de situations… Les grandes pentes, en montée ou descente, les dévers, le sable, les cailloux, … Il se débrouille avec « tout »… Et vraiment agréable à conduire dans toutes ces situations !

L’aménagement a très bien fait le travail… Pas de vibrations, une bonne résistance aux terrains accidentés, tout à portée de main pour monter le campement, pour préparer à manger, … Largement assez de place pour tout ce que nous voulions emporter, même si dans le futur on va réfléchir à une tente de toit (avec gestion de notre boule de poil) qui va libérer de la place dans le coffre et simplifier l’installation du bivouac.
Côté consommation de carburant le plus pénalisant est sur 4 voies, quand on est à 110 (on se limite à ça pour limiter la conso et pour ménager l’engin et ne pas le faire aller trop haut dans les tours). Par contre sur piste ou petite route il passe sous les 10 litres… Ça reste élevé mais en rapport à ses capacités et ça reste plus faible que le L200 que nous avions (15 litres avec cellule, 12 litres sans).

Bien sûr pour les différents terrains il aura fallu jouer avec la pression des pneus (BF Goodrich AT KO 2) : 3 bars pour la grande route, 2,5 bars sur les petites routes, 1.8 à 2 pour les chemins solides, 1,2 à 1,5 pour le sable. Et avec ça, on ne force pas… Le compresseur T-Max fait le boulot et ça s’est avéré rapide vu son débit.

Le guidage
Nous avions installé une carte marocaine sur notre Garmin motorrad navigator 5 qui a vu pas mal de voyages, parfait pour aller d’un point à un autre. Nous avions aussi installé osmand sur une tablette, qui donne une superbe visibilité quand on suit une trace (par exemple récupérée comme nous sur wikiloc). Parfois les 2 ne donnaient pas le même itinéraire, parfois un perdait la localisation, … Mais globalement c’est une aide essentielle, surtout dans le désert où on ne croise vraiment pas grand monde…

L’électricité
Le système électrique mis en place rapidement avant de partir s’est basé sur une Ecoflow delta mini reconditionnée. Pour la charger elle était branchée à une prise allume-cigare qui peut donner 100w, mais parfois la batterie démarre une charge plus faible pour une raison que nous n’avons pas compris… Il fallait du coup passer par le logiciel sur le mobile pour modifier le réglage de puissance de charge (6A puis retour à 8A) afin de charger à fond. Un autre système sera à installer (à base de convertisseur 12 24 v pour se faire passer pour un panneau solaire) pour optimiser la charge et permettre un meilleur rendement sur moins d’heures de roulage. À l’arrêt nous avions aussi un panneau solaire souple de 100w qui permet de profiter du bel ensoleillement (quand il n’y a pas de tempête de sable…).
Au niveau consommation électrique nous avions : une glacière à compression kings (très efficace), les appareils photo, lampes et mobiles à charger. Nous n’avons jamais manqué d’énergie mais nous bougeons tous les jours…
Les hébergements
Comme on le voit dans les chiffres nous sommes, sur la période passée au Maroc, sur la moitié de camping et l’autre moitié en auberges. Aucune nuit en camping sauvage car pour le nord c’est très surveillé (on a même eu la visite de la gendarmerie royale à minuit dans un camping) et dans le sud / désert il y avait des grands vents chargés de sable… Sur notre prochain trip au Maroc on espère pouvoir faire des bivouacs au milieu des dunes…

Les campings que nous avons choisi sont pour la majorité dans le guide Gandini 2024. Il y a plusieurs catégories, de « il faut lui donner une chance » où l’accès est correct pour un 4×4 mais inadapté aux camping car, pas d’eau, emplacements sous les hautes herbes… Jusqu’à « très correct » où on peut par contre tomber dans des établissements plus commerciaux où on a beaucoup moins d’échanges, en passant par « en création » où nous avons eu une très bonne surprise. Ils proposent quasi tous des repas, vendent ou offrent le pain le matin, et on y retrouve souvent d’autres voyageurs, ce qui permet de modifier le parcours au fil des échanges et des conseils.

Les auberges ont également été très variables mais clairement nous ne cherchons pas le luxe des beaux riads, plutôt le roots du petit établissement local. Pas de soucis pour les repas, avec un souvenir encore enchanté de la tajine chez Saïd, des petits déjeuners assez proches (thé café jus, pain crêpes marocaines, oeuf dur parfois, vache qui rit toujours 😄). Les literies sont dures, pas de soucis pour nous qui aiment les lits fermes mais là parfois le matelas avait sans doute été oublié… Presque toujours de l’eau (la livraison en pickup de l’eau était en retard près du lac Iriki), pas de chauffage (pas besoin la majorité du temps, frais la nuit quand même parfois), et beaucoup d’attentions, de gentillesse, d’échanges pour nous faire découvrir la culture marocaine.

Preik
Nous avons la chance de pouvoir partager nos petites aventures avec Preik notre golden. Notre loulou est exceptionnel, il voyage avec nous depuis qu’il est tout petit. Je pense sincèrement qu’à partir du moment où il se trouve avec ses compagnons de tous les jours, il vit bien le changement de rythme. Nous veillons sur lui comme il veille sur nous.
Pour ce voyage en 4×4 ou nous avons pratiqué un bon nombre de pistes nous lui avons installé un emplacement juste derrière le siège passager, assez grand pour y mettre sa gamelle anti-débordement de façon qu’il puisse avoir accès à l’eau à tout moment. Nous lui avons aussi pris un coussin à mémoire de forme pour qu’il ne ressente pas trop les secousses. Lorsque les températures sont plus chaudes nous ajoutons un tapis rafraîchissant sur son coussin.Nous avons également investi dans deux petites grilles d’aération que l’on coince au niveau des vitres arrière afin qu’il puisse avoir une ventilation naturelle. Contre toute attente, cela a servi notamment lorsque nous avons pris le bateau à Tanger et qu’on nous a dit que les chiens n’étaient pas acceptés à l’intérieur du bateau. Sur le pont extérieur ok (quand il pleut impossible car non abrité), dans une cage prévue à cet effet (pas envisageable pour nous de plus nous n’avions pas fait le vaccin toux du chenil), dans le véhicule. Nous avons opté pour le véhicule dans son environnement, fenêtres avec les grilles, eau à volonté et son doudou. Parlons doudou … Cela doit en faire sourire certains mais Fred (c’est son ptit nom) a accompagné Preik durant tout ce voyage.

Fred était de sortie à chaque arrêts, ce qui lui permettait de décharger ses émotions dessus en le secouant dans tous les sens et de le balader dans la gueule une fois la journée terminée. Pendant ce trip nous avons passé à Preik de l’eau filtrée car il a eu un petit épisode de type tourista. Régime riz et smecta et tout est rentré en ordre en quelques jours.

Qui dit désert dit aussi sable et potentiellement tempête de sable. Nous avons toujours de l’ocryl pour ses yeux (sur les conseils de son vétérinaire car contient un léger antiseptique) et du sérum physiologique. Nous emmenons toujours un pot d’huile de coco ce qui nous a permis de bien hydrater sa truffe et ses coussinets. Petit aparté, c’est la première fois que mes lèvres se sont aussi desséchées, donc ne pas oublier un baume à lèvres hydratant très intense.
Loulou a dormi la plupart du temps dans l’annexe de la tente mais la venue inopinée d’un scorpion chez nos voisins de camping nous a fait réfléchir sur le fait d’investir dans une tente de toit. Nous avons trouvé un système américain pour faire monter le chien dans la tente de toit. Nous allons nous en inspirer pour en fabriquer un maison.Pour terminer ce chapitre concernant notre loulou au Maroc nous n’avons rencontré aucun problème particulier. Il a été accepté partout bien que nous étions en période de ramadan. Une attention toute particulière est à prendre en compte car il y a beaucoup de chiens errants. Nous en avons croisé un grand nombre surtout dans le nord et les montagnes. La rage est encore très présente dans le pays. Nous n’avons autorisé aucun contact entre Preik et les chiens sur place.
Le ramadan
Nous étions sur la période de ramadan pendant toute la partie marocaine du voyage. Cela explique peut-être le faible nombre de touristes croisés, en plus bien sûr du fait d’éviter les zones de forte affluence… 😉
La principale conséquence de la période de ramadan est la fermeture de tous les cafés et restaurants dans la journée. Ce point ne pose aucun souci en voiture ou camping-car, nous pouvons faire des réserves en faisant les courses le soir, où tout s’anime… Par contre nous pensions aux motards, il ne faut pas compter sur les établissements trouvés le long de la route pour se nourrir ou prendre un café…

Les paysages
Déjà, une surprise a été de trouver un pays aussi montagneux, en tout cas dans les zones visitées. Une fois passé le Rif, on a vraiment 3 barres que forment le moyen Atlas, le Haut Atlas (avec ses sommets enneigés) puis l’anti Atlas, séparés par des plateaux situés dans les 1500 mètres.

La zone de désert est au sud, avec une alternance de sable, cailloux, terre… On y trouve des petits villages et le bitume avance (d’après ceux qui ont connu ça avant…), mais en prenant les pistes situées entre la N12 et la frontière algérienne, on trouve de grandes étendues où on peut rouler et s’arrêter sans personne à l’horizon. Nous n’avons croisé que 2 à 3 véhicules par jour dans ces zones et c’est vraiment agréable d’évoluer avec notre Patrol sur ces pistes variées, avec des paysages qui changent au fil des reliefs qu’on dépasse ou contourne. C’était notre première donc nous avons opté pour les pistes trouvées dans wikiloc en niveau facile ou modéré. Il nous reste beaucoup à découvrir et le simple fait de changer de vallée pour un même itinéraire peut complètement modifier l’expérience.
Nous avons fait le choix d’y aller seuls et sans guide, ce qui n’a pas été un problème sur cet itinéraire, y compris l’oued vers Ramlia où on a pris le temps de chercher un passage correct.
Le Haut Atlas nous a permis également de découvrir de beaux paysages, avec un passage vers 3000m, des vallées superbes et des pistes qui ne le seront plus prochainement (entre la vallée des roses et la vallée du Dadès et entre le Dadès et le Todra, travaux en cours). Il y a là aussi beaucoup à découvrir et nous prendrons le temps d’y revenir, en évitant la période de neige et les pluies qui peuvent vite rendre les itinéraires complexes.
L’eau
Nous disposons de 2 jerrycans de 20 litres qui nous servent de réserve. Nous avons par ailleurs un jerrycan Lifesaver de 18 litres pour filtrer et produire de l’eau potable ainsi que 2 gourdes Oko, toujours pour filtrer mais sur une plus petite quantité (1 litre). Ces quantités, rechargées dans les campings principalement (mais on trouve facilement de l’eau en station service également), ont été largement suffisantes.

Conclusion
Le Maroc, un pays où on s’est laissé engloutir par les émotions, parsemé de rencontres qu’on n’aurait jamais imaginé. Des personnes courageuses, beaucoup de gentillesse et de la résilience. Un accueil chaleureux, des sourires et une envie de partager. Nous suivons quelques youtubeurs qui ont vécu leur propre expérience du Maroc et toutes sont différentes. Se perdre sur les chemins de traverse nous permet de toucher un peu plus du doigt l’âme d’un pays.
Nous ressortons de ce voyage touchés, grandis et apaisés. Derrière chaque regard il y a une histoire à raconter que nous garderons précieusement dans notre cœur et notre mémoire. Ce que nous avons appris depuis qu’on voyage c’est de ne jamais partir avec des idées préconçues, des à priori et de ne surtout rien attendre. Vivre juste le moment présent et accepter les imprévus qui font parti du voyage. Dans tout trip il y a de bonnes et de mauvaises rencontres, de bonnes et de moins bonnes expériences. Votre instinct est précieux et vous guidera dans vos choix. Restez humble et ne jugez pas trop vite. Dites vous que vous avez la chance de voyager et que pour beaucoup de locaux vous faites parti des gens “riches” qui possèdent un véhicule et qui ont la possibilité de voyager. Respectez les gens et leur culture ils seront ravi de la partager avec vous. Nous avons souvent peur de l’inconnu mais quel inconnu ? Les gens ? C’est assez drôle au final car ce qui nous rassemble, nos points communs, quelles que soient nos origines, sont de se nourrir, d’avoir un toit, un travail, et de prendre soin de ses proches. Ce voyage restera un des plus beaux et le plus riche émotionnellement. Nous ne disons pas au revoir au MAROC mais à très bientôt.
Merci à Justin et Bee, Olivia (le p’tit reporter), Raf Cramatte et Camille et Illiès “les artisans de demain” qui nous ont tous donné l’envie d’aller plus loin, d’oser et se dire que c’est possible.
Un blog peut être la petite étincelle pour certains d’oser franchir le cap vers une expérience de voyage et si nous pouvons y contribuer un tout petit peu nous en sommes très heureux.


Clap de fin pour cette belle aventure ! Bravo à Preik d’avoir tenu le coup dans les tempêtes de sable.
Encore plus hâte de vous rencontrer !
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