Tout est là : https://phareweizh.blog/

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Beaucoup de choses à dire sur ce voyage très différent des précédents !

Voilà déjà un aperçu de l’itinéraire… Descente et remontée qui seront modifiées quand on y retournera (voir en bas les projets), comme prévu descente du Maroc par l’est et grande boucle au sud (plus de piste qu’on ne pensait, on y est tellement bien) et remontée par l’est qui n’était pas prévue mais on a adapté à cause de la météo qui amenait des pluies diluviennes à l’ouest, et on n’a pas été déçus en approchant de Tanger…


Quelques chiffres d’abord :
– 25 jours dont 16 au Maroc
– 7855 km dont 3000 km au Maroc
– conso moyenne du Patrol : 10,5 litres / 100 km
– côté Maroc : 7 nuits en camping, 8 nuits en auberges et hôtel
– pour le reste : hôtels, famille et nuit dans la voiture…
– altitude max 3000 m
– 2 amendes à 150 dirhams
– des courses pas chères, surtout les légumes…

Le Patrol
On découvrait le véhicule, avec un aménagement minimal fait juste avant de partir pour ranger notre matériel. Les différents modes de fonctionnement (vitesses longues, vitesses courtes, déverrouillage barre de stabilisation, …) permettent vraiment de s’adapter à beaucoup de situations… Les grandes pentes, en montée ou descente, les dévers, le sable, les cailloux, … Il se débrouille avec « tout »… Et vraiment agréable à conduire dans toutes ces situations !

L’aménagement a très bien fait le travail… Pas de vibrations, une bonne résistance aux terrains accidentés, tout à portée de main pour monter le campement, pour préparer à manger, … Largement assez de place pour tout ce que nous voulions emporter, même si dans le futur on va réfléchir à une tente de toit (avec gestion de notre boule de poil) qui va libérer de la place dans le coffre et simplifier l’installation du bivouac.
Côté consommation de carburant le plus pénalisant est sur 4 voies, quand on est à 110 (on se limite à ça pour limiter la conso et pour ménager l’engin et ne pas le faire aller trop haut dans les tours). Par contre sur piste ou petite route il passe sous les 10 litres… Ça reste élevé mais en rapport à ses capacités et ça reste plus faible que le L200 que nous avions (15 litres avec cellule, 12 litres sans).

Bien sûr pour les différents terrains il aura fallu jouer avec la pression des pneus (BF Goodrich AT KO 2) : 3 bars pour la grande route, 2,5 bars sur les petites routes, 1.8 à 2 pour les chemins solides, 1,2 à 1,5 pour le sable. Et avec ça, on ne force pas… Le compresseur T-Max fait le boulot et ça s’est avéré rapide vu son débit.

Le guidage
Nous avions installé une carte marocaine sur notre Garmin motorrad navigator 5 qui a vu pas mal de voyages, parfait pour aller d’un point à un autre. Nous avions aussi installé osmand sur une tablette, qui donne une superbe visibilité quand on suit une trace (par exemple récupérée comme nous sur wikiloc). Parfois les 2 ne donnaient pas le même itinéraire, parfois un perdait la localisation, … Mais globalement c’est une aide essentielle, surtout dans le désert où on ne croise vraiment pas grand monde…

L’électricité
Le système électrique mis en place rapidement avant de partir s’est basé sur une Ecoflow delta mini reconditionnée. Pour la charger elle était branchée à une prise allume-cigare qui peut donner 100w, mais parfois la batterie démarre une charge plus faible pour une raison que nous n’avons pas compris… Il fallait du coup passer par le logiciel sur le mobile pour modifier le réglage de puissance de charge (6A puis retour à 8A) afin de charger à fond. Un autre système sera à installer (à base de convertisseur 12 24 v pour se faire passer pour un panneau solaire) pour optimiser la charge et permettre un meilleur rendement sur moins d’heures de roulage. À l’arrêt nous avions aussi un panneau solaire souple de 100w qui permet de profiter du bel ensoleillement (quand il n’y a pas de tempête de sable…).
Au niveau consommation électrique nous avions : une glacière à compression kings (très efficace), les appareils photo, lampes et mobiles à charger. Nous n’avons jamais manqué d’énergie mais nous bougeons tous les jours…
Les hébergements
Comme on le voit dans les chiffres nous sommes, sur la période passée au Maroc, sur la moitié de camping et l’autre moitié en auberges. Aucune nuit en camping sauvage car pour le nord c’est très surveillé (on a même eu la visite de la gendarmerie royale à minuit dans un camping) et dans le sud / désert il y avait des grands vents chargés de sable… Sur notre prochain trip au Maroc on espère pouvoir faire des bivouacs au milieu des dunes…

Les campings que nous avons choisi sont pour la majorité dans le guide Gandini 2024. Il y a plusieurs catégories, de « il faut lui donner une chance » où l’accès est correct pour un 4×4 mais inadapté aux camping car, pas d’eau, emplacements sous les hautes herbes… Jusqu’à « très correct » où on peut par contre tomber dans des établissements plus commerciaux où on a beaucoup moins d’échanges, en passant par « en création » où nous avons eu une très bonne surprise. Ils proposent quasi tous des repas, vendent ou offrent le pain le matin, et on y retrouve souvent d’autres voyageurs, ce qui permet de modifier le parcours au fil des échanges et des conseils.

Les auberges ont également été très variables mais clairement nous ne cherchons pas le luxe des beaux riads, plutôt le roots du petit établissement local. Pas de soucis pour les repas, avec un souvenir encore enchanté de la tajine chez Saïd, des petits déjeuners assez proches (thé café jus, pain crêpes marocaines, oeuf dur parfois, vache qui rit toujours 😄). Les literies sont dures, pas de soucis pour nous qui aiment les lits fermes mais là parfois le matelas avait sans doute été oublié… Presque toujours de l’eau (la livraison en pickup de l’eau était en retard près du lac Iriki), pas de chauffage (pas besoin la majorité du temps, frais la nuit quand même parfois), et beaucoup d’attentions, de gentillesse, d’échanges pour nous faire découvrir la culture marocaine.

Preik
Nous avons la chance de pouvoir partager nos petites aventures avec Preik notre golden. Notre loulou est exceptionnel, il voyage avec nous depuis qu’il est tout petit. Je pense sincèrement qu’à partir du moment où il se trouve avec ses compagnons de tous les jours, il vit bien le changement de rythme. Nous veillons sur lui comme il veille sur nous.
Pour ce voyage en 4×4 ou nous avons pratiqué un bon nombre de pistes nous lui avons installé un emplacement juste derrière le siège passager, assez grand pour y mettre sa gamelle anti-débordement de façon qu’il puisse avoir accès à l’eau à tout moment. Nous lui avons aussi pris un coussin à mémoire de forme pour qu’il ne ressente pas trop les secousses. Lorsque les températures sont plus chaudes nous ajoutons un tapis rafraîchissant sur son coussin.Nous avons également investi dans deux petites grilles d’aération que l’on coince au niveau des vitres arrière afin qu’il puisse avoir une ventilation naturelle. Contre toute attente, cela a servi notamment lorsque nous avons pris le bateau à Tanger et qu’on nous a dit que les chiens n’étaient pas acceptés à l’intérieur du bateau. Sur le pont extérieur ok (quand il pleut impossible car non abrité), dans une cage prévue à cet effet (pas envisageable pour nous de plus nous n’avions pas fait le vaccin toux du chenil), dans le véhicule. Nous avons opté pour le véhicule dans son environnement, fenêtres avec les grilles, eau à volonté et son doudou. Parlons doudou … Cela doit en faire sourire certains mais Fred (c’est son ptit nom) a accompagné Preik durant tout ce voyage.

Fred était de sortie à chaque arrêts, ce qui lui permettait de décharger ses émotions dessus en le secouant dans tous les sens et de le balader dans la gueule une fois la journée terminée. Pendant ce trip nous avons passé à Preik de l’eau filtrée car il a eu un petit épisode de type tourista. Régime riz et smecta et tout est rentré en ordre en quelques jours.

Qui dit désert dit aussi sable et potentiellement tempête de sable. Nous avons toujours de l’ocryl pour ses yeux (sur les conseils de son vétérinaire car contient un léger antiseptique) et du sérum physiologique. Nous emmenons toujours un pot d’huile de coco ce qui nous a permis de bien hydrater sa truffe et ses coussinets. Petit aparté, c’est la première fois que mes lèvres se sont aussi desséchées, donc ne pas oublier un baume à lèvres hydratant très intense.
Loulou a dormi la plupart du temps dans l’annexe de la tente mais la venue inopinée d’un scorpion chez nos voisins de camping nous a fait réfléchir sur le fait d’investir dans une tente de toit. Nous avons trouvé un système américain pour faire monter le chien dans la tente de toit. Nous allons nous en inspirer pour en fabriquer un maison.Pour terminer ce chapitre concernant notre loulou au Maroc nous n’avons rencontré aucun problème particulier. Il a été accepté partout bien que nous étions en période de ramadan. Une attention toute particulière est à prendre en compte car il y a beaucoup de chiens errants. Nous en avons croisé un grand nombre surtout dans le nord et les montagnes. La rage est encore très présente dans le pays. Nous n’avons autorisé aucun contact entre Preik et les chiens sur place.
Le ramadan
Nous étions sur la période de ramadan pendant toute la partie marocaine du voyage. Cela explique peut-être le faible nombre de touristes croisés, en plus bien sûr du fait d’éviter les zones de forte affluence… 😉
La principale conséquence de la période de ramadan est la fermeture de tous les cafés et restaurants dans la journée. Ce point ne pose aucun souci en voiture ou camping-car, nous pouvons faire des réserves en faisant les courses le soir, où tout s’anime… Par contre nous pensions aux motards, il ne faut pas compter sur les établissements trouvés le long de la route pour se nourrir ou prendre un café…

Les paysages
Déjà, une surprise a été de trouver un pays aussi montagneux, en tout cas dans les zones visitées. Une fois passé le Rif, on a vraiment 3 barres que forment le moyen Atlas, le Haut Atlas (avec ses sommets enneigés) puis l’anti Atlas, séparés par des plateaux situés dans les 1500 mètres.

La zone de désert est au sud, avec une alternance de sable, cailloux, terre… On y trouve des petits villages et le bitume avance (d’après ceux qui ont connu ça avant…), mais en prenant les pistes situées entre la N12 et la frontière algérienne, on trouve de grandes étendues où on peut rouler et s’arrêter sans personne à l’horizon. Nous n’avons croisé que 2 à 3 véhicules par jour dans ces zones et c’est vraiment agréable d’évoluer avec notre Patrol sur ces pistes variées, avec des paysages qui changent au fil des reliefs qu’on dépasse ou contourne. C’était notre première donc nous avons opté pour les pistes trouvées dans wikiloc en niveau facile ou modéré. Il nous reste beaucoup à découvrir et le simple fait de changer de vallée pour un même itinéraire peut complètement modifier l’expérience.
Nous avons fait le choix d’y aller seuls et sans guide, ce qui n’a pas été un problème sur cet itinéraire, y compris l’oued vers Ramlia où on a pris le temps de chercher un passage correct.
Le Haut Atlas nous a permis également de découvrir de beaux paysages, avec un passage vers 3000m, des vallées superbes et des pistes qui ne le seront plus prochainement (entre la vallée des roses et la vallée du Dadès et entre le Dadès et le Todra, travaux en cours). Il y a là aussi beaucoup à découvrir et nous prendrons le temps d’y revenir, en évitant la période de neige et les pluies qui peuvent vite rendre les itinéraires complexes.
L’eau
Nous disposons de 2 jerrycans de 20 litres qui nous servent de réserve. Nous avons par ailleurs un jerrycan Lifesaver de 18 litres pour filtrer et produire de l’eau potable ainsi que 2 gourdes Oko, toujours pour filtrer mais sur une plus petite quantité (1 litre). Ces quantités, rechargées dans les campings principalement (mais on trouve facilement de l’eau en station service également), ont été largement suffisantes.

Conclusion
Le Maroc, un pays où on s’est laissé engloutir par les émotions, parsemé de rencontres qu’on n’aurait jamais imaginé. Des personnes courageuses, beaucoup de gentillesse et de la résilience. Un accueil chaleureux, des sourires et une envie de partager. Nous suivons quelques youtubeurs qui ont vécu leur propre expérience du Maroc et toutes sont différentes. Se perdre sur les chemins de traverse nous permet de toucher un peu plus du doigt l’âme d’un pays.
Nous ressortons de ce voyage touchés, grandis et apaisés. Derrière chaque regard il y a une histoire à raconter que nous garderons précieusement dans notre cœur et notre mémoire. Ce que nous avons appris depuis qu’on voyage c’est de ne jamais partir avec des idées préconçues, des à priori et de ne surtout rien attendre. Vivre juste le moment présent et accepter les imprévus qui font parti du voyage. Dans tout trip il y a de bonnes et de mauvaises rencontres, de bonnes et de moins bonnes expériences. Votre instinct est précieux et vous guidera dans vos choix. Restez humble et ne jugez pas trop vite. Dites vous que vous avez la chance de voyager et que pour beaucoup de locaux vous faites parti des gens “riches” qui possèdent un véhicule et qui ont la possibilité de voyager. Respectez les gens et leur culture ils seront ravi de la partager avec vous. Nous avons souvent peur de l’inconnu mais quel inconnu ? Les gens ? C’est assez drôle au final car ce qui nous rassemble, nos points communs, quelles que soient nos origines, sont de se nourrir, d’avoir un toit, un travail, et de prendre soin de ses proches. Ce voyage restera un des plus beaux et le plus riche émotionnellement. Nous ne disons pas au revoir au MAROC mais à très bientôt.
Merci à Justin et Bee, Olivia (le p’tit reporter), Raf Cramatte et Camille et Illiès “les artisans de demain” qui nous ont tous donné l’envie d’aller plus loin, d’oser et se dire que c’est possible.
Un blog peut être la petite étincelle pour certains d’oser franchir le cap vers une expérience de voyage et si nous pouvons y contribuer un tout petit peu nous en sommes très heureux.

Nous passons pour une nuit par Tanger en attendant notre bateau prévu à 11h le lendemain matin.

La pluie est impressionnante et le vent n’est pas en reste… Bilan : le bateau est annulé et notre départ initialement prévu depuis Tanger ville est déplacé à 13h depuis Tanger Med. Un peu de route mais rien de grave. Nouveau mail quelques heures plus tard, le 13h est annulé à son tour… Et cette fois le service client, sans doute débordé, ne répond plus… Nous allons donc sur place et nous obtenons nos places sur le 16h après 2h de queue… En route pour Algésiras… Nous passons d’abord aux rayons X comme à l’aller, puis reniflage par le chien auprès duquel, même si c’est un mâle, Preik ne fait pas le malin… C’est un douanier quand même !

Le bateau, que nous trouvons après quelques indications aléatoires sur le port, ne bouge pas trop malgré la météo. Nous traversons avec pas mal d’Espagnols et c’est… très vivant !

La sortie du bateau se fait sans aucune aide du personnel, ça part dans tous les sens, avec des demi tours, des dépassements, c’est un peu chacun pour soi et quelques altercations divertissantes dont nous sommes témoins occupent agréablement la longue attente qui mène à la douane espagnole. Contrôle des papiers, go ! Nous revoilà en Europe…
Comme nous ne savions pas le temps que tout ça allait prendre, nous avons réservé un bungalow à quelques dizaines de km du port. Nous avons prévenu le camping par plusieurs messages de notre arrivée tardive mais sans réseau difficile d’échanger… Après une petite erreur de point gps nous arrivons sur le site où seuls les chiens de garde sont là… Pas de petit message, pas de clé comme on le voit souvent… Et au final un message que nous n’avions pas vu sur l’appli Booking (pour notre séjour prépayé …) : « notre accueil ferme à 21h, désolé pour le dérangement… ». Bref, on part vers le nord et on dort un peu dans le voiture sur une aire de services…
La suite de la remontée passe par Valence avec de beaux bâtiments vus au loin et une belle balade en bord de mer.
On bifurque ensuite vers Andorre avec ses boutiques en tous genres, beaucoup de neige, des stations de ski… Très joli et ça change de paysages…




Petit arrêt en famille près de Montpellier, où un tuktuk se prépare…

Un autre arrêt à Souillac pour voir le showroom de Wallaby store, qui propose du matériel qui viendra améliorer nos bivouac et notre véhicule : tente de toit, duvets, pare-chocs en métal, … C’est tenu par des passionnés que nous reviendrons voir pour explorer les petits chemins de cette belle région !

Et le reste se passe par des routes rapides pour rejoindre la Bretagne et boucler ce beau trip !
Prochain article : le bilan du voyage 😉
Nous repartons du camping La Palmeraie à Foum Sguid après une discussion avec 2 français (Serge et Béa) qui voyagent avec un Defender. Notre discussion nous amène à parler de nos youtubers voyageurs préférés, Justin et Bee, qu’ils ont justement croisé au Maroc il y a 2 ans au tout début de la descente de l’Afrique par le Red Truck…
Une mauvaise météo est annoncée sur le sud avec de grands vents qui vont soulever le sable et réduire la visibilité, nous partons donc vers le nord, les pistes vers Tata et la suite de la vallée du Draa attendront…
Petit arrêt sur la route à « Gas Haven », site de tournage d’une scène de « la colline a des yeux »…



Nous rejoignons Ait Ben Hadou où Karine fait du troc : gâteaux bretons contre boucles d’oreilles, le vendeur est très sympathique.

La vue sur Ait Ben Hadou, de loin et en hauteur, est magnifique. Quand on s’approche on retrouve une masse de touristes, bus, rabatteurs, … Trop de monde, nous fuyons 🙂

L’itinéraire nous fait traverser Ouarzazate où nous apercevons les studios de cinéma mais le vent très fort et la visibilité réduite (sable, poussière) nous font poursuivre notre chemin, vers Skoura où nous apercevons la fameuse palmeraie, que nous irons visiter une autre fois. Nous remontons jusqu’à Toundoute où nous sommes accueillis dans une charmante auberge tenue par une famille adorable, et où nous discutons en particulier avec Jacob qui est en vacances et habite habituellement à Marrakech où il est barman, pas courant ici. Nos échanges nous permettent de voir une autre facette du Maroc, avec les yeux d’un jeune de 25 ans plein d’envies de découvrir le monde.





Les repas sont excellents, la nuit très reposante et nous partons le lendemain pour un très bel itinéraire dans le Haut Atlas. Tout d’abord la vallée des roses qui produit… des roses et tout ce qui se fait avec : eau de rose, crèmes, … De nombreux magasins bordent la route, nous choisissons celui d’une coopérative où ils expliquent comment les produits sont fabriqués, puis propose bien sûr la vente.



Nous découvrons les plantations de roses (sans fleur à cette époque) puis prenons une piste entre Boutharar et Ait Ishaq dans la vallée du Dadès. Cette piste est en travaux et nous arrivons devant des engins et une piste recouverte de roches et de terre. Un petit air de déjà vu nous vient, quand après une longue route sur une île norvégienne l’ouvrier présent était venu nous parler et à la question « quand va ouvrir la route aujourd’hui ? » nous avions reçu un « never »… « Une autre route pour aller prendre le ferry qui est 10km derrière ? »… « No »… Ok, 400 km de détour… Bref, petit air de déjà vu sauf que là l’ouvrier nous a dit, « vous pouvez attendre 5mn ? » … Hum… En même temps pas le choix mais ça s’annonce bien… Et les engins ont dégagé la piste, refait un bout de chemin, compacté tout ça rapido et hop, nous sommes passés…



Petit arrêt un peu plus loin sur la piste pour manger et Karine, ayant eu un petit incident pendant une pause technique, veut se changer… C’est bien sûr à ce moment qu’une série de motos passent avec le 4×4 d’assistance, puis 2 marocains qui s’arrêtent pour discuter, l’un d’eux nous explique qu’il est allé en France en 2010, … Bref, Karine termine dans la tente popup que nous avons avec nous pour les douches ou les toilettes…

Une femme Berbère arrive ensuite sur son cheval, avec des ânes… Elle demande de l’eau puis des médicaments en expliquant par gestes qu’elle a mal à la gorge et à la tête. Karine donne une bouteille d’eau et du Doliprane et reste très émue par cette rencontre décalée et étonnante. C’est ça aussi le Maroc, cette cohabitation de populations qui ont évolué de différentes façons, qui sont d’origines diverses mais qui sont là dans ce même pays.

Nous rejoignons la vallée du Dadès où les paysages s’enchaînent et nous émerveillent : les pattes de singes, les gorges, la fameuse route en lacets, les villages aussi, superbe !






Nous nous arrêtons prendre un thé dans le café en haut des lacets, avec une terrasse qui donne sur la vallée, c’est top et nous y trouvons les autocollants du Maroc que nous cherchions pour venir mettre un peu de souvenirs sur le Patrol !


Une fois au bout de la vallée du Dadès nous prenons une nouvelle piste, en travaux et qui sera sans doute bientôt bitumée , entre Tilli et Agoudal. Ça monte fort (1000m), ça tournicote et surtout on passe 3 cols, un à 2650 et 2 via la piste vers 3000m d’altitude, avec la neige à nos côtés…


C’est beau mais nous sommes heureux d’arriver avant la nuit à notre auberge située à Agoudal, qui s’avère être le village le plus haut du Maroc (2400m). Le lieu est charmant, l’accueil un peu moins même si le thé est là, un bon repas préparé par l’employé très sympathique et un propriétaire qui lui n’est pas bavard, ce qui tranche avec les autres rencontres faites juste là. Le repas est pris avec la télé qui tourne dans la pièce (on découvre) et les hôtes rivés sur leurs téléphones portables… La nuit (fraîche) se passe bien malgré un lit d’une fermeté frôlant le statut de planche… Bref, c’est une expérience 🙂



Les enfants qui se sont précipités le soir pour nous accueillir et voir Preik (qui intrigue toujours, ce n’est pas une race commune au Maroc) sont en train d’attendre le bus pour le collège quand nous repartons. Un jeune vient nous voir avec comme première phrase « donne dirhams », qui lui vaut un sermon par une personne âgée présente dans la rue. La discussion se poursuit et nous essayons de lui expliquer que justement il va à l’école pour apprendre, puis travailler pour gagner les dirhams… Ça se termine par des sourires et une poignée de main, lui en route pour l’école, nous pour la suite du parcours.
Nous redescendons la vallée du Todgha, où nous apercevons des grimpeurs (le site semble top pour çà) dans des gorges impressionnantes. Contrairement au Dadès où on circule en hauteur avec une vue plutôt vers le bas, ici la route est en bas et on mesure la hauteur des parois qui nous entourent.



Nous poursuivons jusqu’à un beau camping en création dans les hauteurs de Kalaat M’Gouna. Très bon accueil de Yacine qui a un bel outils de travail, avec un beau potentiel, des sanitaires top, une vue incroyable depuis tout le camping, une belle salle de restauration. Grand vent ce soir là, nous montons la tente qui en a vu d’autres mais les 16 sardines et 10 cordelettes tendues ne seront pas de trop ! Ça résiste puis le vent se calme, sans casse, merci Lonerider 😉


La météo annoncée pour les jours suivants tourne autour du froid et de la pluie, nous décidons donc de remonter vers le nord sur les jours suivants et de contourner les montagnes par l’est (moins de pluie prévue). Ce trajet se fait avec une véritable tempête de neige et des températures bien fraîches, avec un minimum à -1…

Nous croisons quand même quelques singes au bord et sur la route en arrivant vers Azrou, juste sous Ifrane.


Nous avons décidé d’avancer un petit peu notre bateau, nous verrons côté espagnol si c’est plus clément ! En attendant, Karine teste une spécialité locale : la tourista…

Ce matin, levés avec le vent mais à l’abri dans la Palmeraie de Ziz on n’a pas encore conscience de ce qui nous attend à l’extérieur. Petit thé d’adieu avec Amhad, récupération d’1 litre d’huile d’olive produite sur place puis pain frais cuit par la sœur d’Amhad au feu de bois.
Direction Merzouga et le désert, enfin c’est ce qu’on croit. Le roulage sera de courte durée. Petite tempête de sable qui nous donne l’impression de rouler dans le brouillard.

On appréhende un peu Merzouga par rapport à la foule. On s’attendait à une ville effervescente avec des 4×4 partout et……rien, ville fantôme. Le vent de sable a chassé toute activité dans la ville. On est complètement perdus et ça doit se voir car deux rabatteurs essaient de nous fourguer un hôtel dans le désert avec un guide tour dans les dunes etc. La tentation est grande vu le temps, on se verrait bien être accompagnés mais non, on se reprend enfin. On dit aux rabatteurs qu’on doit faire des courses. Stef trouve une épicerie tandis que je cherche une adresse d’auberge sur le guide Gandini. Il n’est que midi mais on ne prendra pas le risque d’aller rouler dans le désert pendant la tempête. On trouve une première auberge un peu chère pour nous et le propriétaire nous indique l’hôtel de son cousin Mohammed qui accepte les chiens et chez qui on va passer la nuit en demi-pension. On se pose dans notre chouette chambre après avoir bu le thé d’accueil.



Aujourd’hui ce sera repos et beaucoup de temps de discussion avec un couple de français très sympathiques. La tempête se calme fin d’après midi ce qui nous permet de voir l’erg Chergui depuis la terrasse. Nous sommes installés au pied des dunes et demain nous irons voir le lever du soleil sur l’erg. En principe demain la fenêtre météo sera en notre faveur. On prendra la route de bonne heure car il est prévu une nouvelle tempête de sable à partir de samedi, Inchallah ! Petite anecdote avant le départ : je demande à Mohammed où je peux trouver un tapis comme dans notre chambre. A ma grande surprise il me dit « montre moi le tapis » et nous le cède pour 200 dirhams, ce qui nous évite d’aller à Rissani.

Le départ de Merzouga se fait presque sans vent, après un copieux petit déjeuner. Après 30km de goudron, nous faisons nos premiers tours de roue sur la piste. Des zones de cailloux alternent avec des zones de sable qui au final sont beaucoup plus agréables. La traversée de l’oued du Ziz n’est pas évidente au début mais en observant bien on trouve une zone qui permet un passage sans problème.
Nous longeons de belles montagnes et traversons des villages où les enfants se précipitent toujours pour avoir des cadeaux. Choix pas évident : donner et prendre le risque de créer des habitudes ou ne rien donner et être distants de ces populations très accueillantes ? Karine distribue des feuilles de coloriage et des crayons de couleur qui génèrent quelques « wouaou » entousiastes. (Nous avons demandé à des adultes, ils nous expliquent que petits ils étaient contents de ces petits cadeaux et les partageaient en famille).

Les pauses café et picnic s’enchaînent, perdus au milieu de grandes plaines ou à côté de la piste. Le rythme est assez lent pour prendre le temps de découvrir et pour s’habituer aux capacités de notre Patrol.
Nous arrivons le soir dans une belle auberge tenue par Saïd, un passionné de fossiles dont les montagnes regorgent ici. Il a quelques beaux spécimens.



Vérification de la voiture avec Saïd, soufflage du filtre à air dans son atelier et découverte des outils de travail sur les fossiles.


Nous passons une bonne nuit après un repas qui est clairement le meilleur pris au Maroc jusque là : soupe accompagnée de mini pizzas, tajine excellente, fruits, un régal ! Idem au petit déjeuner où on nous sert une omelette, des crêpes, …



Très belles pistes pour cette journée, avec une pause sur une coline perdue dans le désert.

Nous passons plusieurs checkpoint militaires, la frontière avec l’Algérie est toute proche. Nous croisons peu de véhicules, 2 ou 3 par jour, certains dévient donc pour avoir l’occasion de discuter un moment comme ces français en Toyota qui font le trajet dans l’autre sens.
Le passage de la zone du « cratère » (on ne sait pas si c’en est un mais ça en a la forme), sans être difficile, se fait à petite vitesse vu les pentes et gros cailloux de la piste que nous avons pris.


La journée est aussi ponctuée de changements de pression de pneu : 2.5 bars pour le bitume, 2 pour les pistes dures et 1.5 pour le sable, en gros…


Nous arrivons après cette belle journée à Tagounite où nous faisons le plein et un lavage du véhicule pour repartir au top pour la suite.

Note pour une prochaine fois : emmener nos anciennes paires de lunettes (rares dans certains lieux) et des vêtements qui nous sont assez souvent demandés, y compris pour bébé.
Nous rejoignons M’Hamid dans le camping hôtel Hamada du Draa, très joli mais plus gros que les établissements précédents, il y a donc moins d’échanges. Repas en terrasse et très bonne nuit dans une case africaine.




Un détail : nous avons des gourdes Oko et un jerrycan Lifesaver, notre eau est très bien filtrée donc nous la prenons n’importe où… Sauf si, comme dans cet hôtel, le réseau est connecté à un puit salé… C’est assez fréquent et ça ne passe pas dans les systèmes de filtrage donc nous allons faire attention…
Source sacrée, rivière de sable et Erg Chegaga, autant de noms qui nous font rêver. Aujourd’hui nous allons emprunter la piste qu’on appelle la rivière de sable qui contourne l’erg Chegaga. Juste avant nous nous arrêtons à la source sacrée, juste incroyable de voir un petit bouillon d’eau qui sort du sol.

Nous nous y posons un petit moment en dégustant un thé et observons la vie de cette oasis improbable. Libellules, hirondelles et têtards ont investi ce lieu.

Il est temps de repartir pour la fameuse rivière de sable. Le troll virevolte à travers les dunettes et les dromadaires, très à l’aise sur ce terrain. Stef s’amuse comme un p’tit fou. Le temps se dégrade peu à peu jusqu’à une nouvelle tempête de sable. Décidément on n’y coupe pas. Certains auront des photos de l’erg Chegaga avec un grand ciel bleu, nous ce sera dans un brouillard de sable.










Pas moyen de faire la pause déjeuner, trop de vent. Nous partons directement vers notre hébergement de la soirée : « la petite maison du lac Iriki ».
Le vent de sable est tellement dense qu’on est obligés de demander à des Berbères notre route. On trouve enfin la petite maison. Encore un endroit hors du temps. Un petit coin de paradis dans ce désert si aride.


Brahim en a fait un petit havre de paix. Des murs entourent un petit patio où se trouve le salon d’accueil où toutes les couleurs de tapis se mélangent. Notre chambre se trouve dans le deuxième patio, tout autant ornementé de tapis.
Il est 14 h et Brahim nous prépare une salade et une omelette berbère, incroyablement bonne.

L’après midi sera sieste pour moi et écriture et téléchargement des photos pour Stef. Vers 17 h petit tour au lac d’Iriki qui n’a pas eu d’eau depuis des années (40 ans dit Brahim).
Nous rentrons pour le coucher du soleil. Brahim nous sert un thé et se met à la préparation du tajine de légumes. Preik se pose, il va mieux. Après 2 jours de régime et smecta c’est reparti. Eau filtrée pour lui aussi et gélules de probiotiques.

Le repas est pris dehors, avec un superbe feu de camp, moment magique !

La 4eme journée de piste pour cette traversée du sud Marocain commence par le lac Iriki, sans eau depuis bien longtemps comme on le disait plus haut, mais avec des petites dunes qui font le bonheur du pilote avec des franchissements pas encore dignes du Dakar mais qui commencent à donner quelques sensations…


Toujours de magnifiques paysages pour la suite, du sable, des cailloux, du plat, des bosses, on n’a pas le temps de s’ennuyer.

Quelques contrôles militaires nous permettent d’écouler les premiers exemplaires des fameuses fiches que beaucoup préparent (c’est notre cas sur les bons conseils reçus…) afin de donner directement aux militaires toutes les informations sur les passagers et le véhicule… Sinon il écrit tout, on gagne clairement du temps !

Quelques dizaines de km avant notre destination du jour, une superbe succession de petites montagnes se présente. C’est magnifique et notre piste passe en plein milieu.



Remontée enfin vers le nord par une piste assez roulante qui nous amène au bitume et un peu plus loin à Foum Zguid, petite ville assez vivante et accueillante, on y trouve des magasins pour les fruits et légumes, le pain, …
On s’installe au camping « la palmeraie », repos, nettoyage, petite salade maison et échanges avec les autres voyageurs, comme ces 2 couples en pickup/cellule qui partent vers les pistes dont nous venons… À notre tour de donner quelques conseils sur le gonflage, l’itinéraire, les points de vigilance…
Ces 4 jours sur les pistes du sud Marocain ont été riches en enseignements, en rencontres, en paysages et en sensations de conduite très variées. 450 km de pure piste,’un vrai régal, on y retournera et on comprend mieux maintenant tous ces voyageurs croisés qui nous disent être à leur 6, 7 ou 8eme Maroc. Vrai coup de coeur pour le sud et ses habitants, on a hâte de découvrir la suite !
Pour finir une petite vue de l’itinéraire, plus de détails dispos sur demande…





Après une belle nuit parsemée du craquettement des cigognes toutes proches et une distribution de pain par les propriétaires du camping, nous partons vers les pistes de la forêt de cèdres du parc national d’Ifrane.



A peine entrés un petit groupe de macaques nous accueille, nous n’en verrons malheureusement pas d’autres mais la rencontre matinale est sympathique.


Nous parcourons des pistes très variées : petites zones de boue qui font réfléchir sur la bonne trajectoire à prendre (le fond est dur ? Ça accroche ?) , forêt (avec de belles zones de cailloux et des pentes qui nous font découvrir les capacités des vitesses lentes du Patrol), montagne (avec beaucoup de bergers, moutons et chiens).



Nous passons des petits villages perdus au milieu de rien…

De superbes roches sur le chemin…


En fin de journée courses en passant dans une ville qui se réveille après le calme du ramadan. Fruits et légumes pour 10 dirhams (1€), pains pour 6 dirhams, on a le choix et ce n’est vraiment pas cher.


Arrivée le soir dans un superbe petit camping , on se pose et on discute avec d’autres voyageurs, dont Thierry de Toulouse qui nous raconte ses aventures.

Le lendemain nous repartons vers le sud avec dans l’idée de rejoindre Merzouga. Le haut Atlas se profile avec ses sommets enneigés.

Toujours de beaux paysages, qui changent après chaque barre de montagne.
Toujours beaucoup de contrôles de police (12 dans la journée), certains avec panneaux presque effacés, mais il faut bien s’arrêter et attendre le signe indiquant d’y aller… C’est parfois un peu flou donc on marque l’arrêt un peu plus pour éviter d’être verbalisés. Vigilance permanente sur la vitesse mais pas encore assez, en descente de montagne limitée à 60, un policier nous surveille au radar en étant caché sur le côté. Il a largement le temps de transmettre les informations aux collègues situés 10km plus loin afin qu’ils nous réservent le meilleur accueil. Nous repartons après avoir fourni notre contribution de 150 dirhams.




Le soir arrivée dans une superbe palmeraie de la vallée du Ziz (camping Hakkou à Aoufous), Merzouga attendra, excellent accueil d’Ahmad (thé et discussion sur les choses à voir aux alentours, hospitalité berbère, vraiment très agréable, on conseille). Nous décidons de rester 2 nuits et nous installons sous un palmier, avec une certaines vigilance car nos voisins ont vu un scorpion noir (à priori pas dangereux, fièvre de quelques heures d’après le propriétaire du camping qui s’est déjà fait piquer 3 fois. Discussion avec un français (Olivier) qui est déjà beaucoup venu au Maroc et vient voir si nous avons besoin de conseils. Les sites a voir ou éviter, les conseils de pilotage ou techniques, tout y passe et on apprécie.




Le jour suivant est consacré à la visite de la palmeraie et à une piste qui fait une boucle de 50km environ et qui mène à 3 sites : l’escalier céleste, la citée d’Orion et la spirale d’or. Ces constructions des années 80 viennent d’un architecte allemand (Voth Hannsjorg), ce sont des repères architecturaux construits suivant une vision philosophique qui relie la terre au ciel et basée sur des calculs astronomiques qui permettent de voir les étoiles en permanence depuis ce site… Bref, c’est très joli !


La piste en elle-même nous fait découvrir les capacités de notre engin avec au programme des cailloux, du sable (petites dunes et belles zones de sable fin), des passages d’oueds avec des trajectoires à chercher avant de se lancer, … On croise quelques animaux plus ou moins locaux.




Les 4 roues motrices, parfois en vitesse lente, sont vraiment nécessaires. Nous apprenons aussi à apprécier la déconnexion de la barre de stabilisation arrière, qui fait comme le mode enduro de la GS adventure : les amortisseurs et ressorts travaillent et on ne sent pas les chocs, top !
On découvre également l’efficacité (ou la nécessité) du dégonflage des pneus pour les zones de sable… 1,5 bars.. ok mais a chaud ou a froid ? On se pose plein de questions, on teste, pour l’instant ça passe sans plantage…
Retour à la palmeraie où les tajines maison nous attendent, après une bonne douche pour enlever la poussière que nous commençons à emmagasiner.

Demain cette fois, en route pour Merzouga !
Nous arrivons à 7h30 dans la file d’attente au petit port de Tarifa. Nous ne sommes pas nombreux à arriver 90mn avant le départ comme demandé par la compagnie, le guichet ouvre à 8h puis nous avançons doucement jusqu’au bateau qui arrive juste. Nous installons le troll (Nissan Patrol) dans les soutes à côté de 48 motos et leurs véhicules d’assistance, qui partent pour le « Big Trail Challenge ». Nous montons dans le bateau et nous sommes les 3 ou 4emes à nous mettre dans la file d’attente de la police marocaine qui tamponne les passeports… La file devient rapidement interminable et les derniers y auront sans doute passé la traversée (1h)…




Du coup, on se dit que l’entrée au Maroc va être toute simple puisque les papiers sont faits… On sort donc une fois le bateau arrivé au port de Tanger ville et on suit les indications des policiers jusqu’à… la zone de passage des véhicules aux rayon X. Un camion automatique sert de portique géant pour 7 ou 8 véhicules alignés. On nous dirige ensuite vers la douane qui est en train de s’affairer avec les 48 motards… La voiture devant nous est fouillée, tous les sacs à sortir, on rigole un peu… Jusqu’à ce que ce soit notre tour… Stop, ouvrez ci, sortez ça… Tous les recoins y passent… Un petit sac caché sous le siège, « drone ? », non non, la pompe pour la douche… « Des armes ? », non, non, « et ça c’est quoi ? » dit le douanier en sortant la scie du coffre… Pour les arbres, pour couper du bois je lui dis… Il n’a pas vu la hache (elle aussi pour le petit bois ou des branches tombées sur les pistes…). Bref, après avoir bien regardé, c’est au tour du chien douanier de faire sa recherche de drogue… Puis nous pouvons tout ranger et enfin entrer dans Tanger… Aucun contrôle par contre des papiers de Preik et de son contrôle antirabique obligatoire.



Les premiers pas (ou tours de roue) sont consacrés à la recherche de cash et remplissage de carte sim. Pas mal de magasins fermés, nous sommes à la période du Ramadan. Une petite épicerie indique un magasin qui redirige vers un supermarché à côté duquel on peut remplir sa carte sim… Pas compliqué, il faut juste discuter un peu à chaque fois et prendre son temps… 😉
Nous prenons la direction de Chefchaouen par une petite route qui nous met dans le bain : ânes, chèvres, tortue qui traverse, véhicules de toutes sortes et avec des chargements très variés… Beaucoup de déchets et de chiens errants… On peine un peu à trouver nos spots de pause café, picnic, … Il faut s’acclimater… Les contrôles de police ou gendarmerie sont omniprésents, 12 au moins le premier jour, qui nous laissent en général passer d’un geste, mais il faut s’arrêter…



Nous nous dirigeons vers un camping trouvé dans le guide Gandini, en catégorie « il faut lui donner une chance ». Le panorama 900, situé dans le Rif, est plutôt accessible en 4×4… Les plus gros véhicules tentent parfois, avec plus ou moins de bonheur… Les végétaux sont assez hauts mais on trouve une place pour le 4×4 et la tente. Le propriétaire a un soucis de pompe, que Stéphane va essayer de l’aider à résoudre, première installation de pompe dans un puits de 26m,.. les problèmes semblent s’enchaîner et l’électricité fait des siennes, nous n’auront donc pas d’eau, douche ou WC (à la turque) inclus.


Nous profitons par contre d’un superbe coucher de soleil depuis la terrasse qui domine la maison du propriétaire, et notre premier thé marocain dans la soirée, agrémenté des nombreuses histoires de Mohamed. Nous remplissons soigneusement le cahier de police et des photos sont faites de nos passeports pour leur envoyer par WhatsApp.


Malgré cette précaution nous avons vers minuit la visite de la gendarmerie royale, qui nous réveille et vérifie nos papiers. « Bienvenue au Maroc », un câlin à Preik et ils repartent.
Au réveil nous avons déjà cette sensation d’être partis depuis longtemps, les journées sont denses et dépaysantes… Avec la chaleur qui arrive, il faut s’acclimater.
Nous faisons pour cette fois ci l’impasse sur le parc de Tazzeka car il n’y a pas de camping identifié dans cette zone (on a même demandé aux policiers dans la nuit). Pas de bivouac sauvage possible dans le nord (on doit monter la tente), on verra plus bas ce que ça donne.
Direction donc Ifrane par les toutes petites routes et pistes indiquées par les gps (Garmin et Osmand) qui ne semblent pas décidés à nous faire prendre les grandes routes, pour notre grand plaisir car cela nous permet de découvrir des villages du Maroc profond… Beaucoup de monde dans les champs, on travaille beaucoup à la main ici ou avec des ânes.


Nous nous arrêtons acheter des oranges dans un stand de bord de route puis en repartant nous doublons un engin agricole avec précaution… Pas assez au goût du gendarme placé bien plus loin, qui nous verbalise pour un dépassement mesuré avec un radar vraiment vraiment discret… Très sympathique par contre, amende minimale (150 d), puis « bienvenue au Maroc »…

Le carburant est à 1€30, le 4×4 consomme un peu mais ça compense largement…
Arrivée en milieu d’après-midi dans le camping Amazigh sous Ifrane, douche chaude, un peu de repos, du bon pain chaud de l’épicerie voisine, ça fait du bien !
Demain nous irons au parc national d’Ifrane, la trace de piste est prête, on va guetter les singes et profiter des paysages.
Tout est prêt, matos chargé, messages d’absence paramétrés au boulot, go go go !
Pour une fois nous mettons le cap au sud, ça nous change des trips en Norvège, Islande ou Écosse… La Première étape nous amène à Angoulins, dans un petit formule 1 rénové et qui nous évite de tout de suite monter la tente. Balade le long de la mer, très joli ce petit coin !



Nous filons le lendemain vers les Pyrénées, le gps nous guide vers les autoroutes pour aller au plus vite mais vers Bayonne on bifurque vers la montagne via St Jean Pied de Port pour voir comment se comporte le gros Patrol dans ces petits virolos qui feraient plaisir aux copains motards… Hé bien ok ce n’est pas un engin de course mais il a beaucoup de couple et ça monte sans hésitation (ce qui n’est pas le cas de notre fourgon, cf les aventures en Norvège en 2022), les virages s’enchaînent sans difficulté et on se retrouve tout à coup en Espagne, sur la route de Compostelle.. Auritz, Erro, Zubiri, ça dépayse déjà ! Un arrêt picnic en montagne puis une petite visite d’Olite qui nous permet de voir de belles pierres et commencer à goûter les tapas.






Nous poursuivons jusqu’à notre camping : le camping des Bardenas, le plus proche des… Bardenas où nous irons le lendemain. Le camping en lui-même est correct, par contre coincé entre une voie ferrée et une route très passante, la première nuit du voyage sous tente est pas mal entrecoupée de réveils plus ou moins longs…




Au matin nous retrouvons notre routine que les voyageurs itinérants connaissent, chacun sait ce qu’il a à faire, ça s’enchaîne et après un petit déjeuner nous prenons la route des fameuses Bardenas Reales. Ce site est vraiment superbe, les formations géologiques sont très intéressantes, par contre c’est vraiment frustrant de devoir rester sur cette piste principale roulante alors que de beaux terrains de jeu se présentent régulièrement, malheureusement réservés aux militaires… En y allant assez tôt nous étions presque seuls, mais on voit que ça se remplit bien vite, surtout aux spots principaux…






Nous entamons ensuite la descente vers Madrid et vers 13h nous sortons de la route pour trouver un spot de picnic. Un beau petit village sur les hauteurs, nous grimpons… Une piste qui se présente pour partir dans la campagne, chouette ! Nous trouvons un espace d’herbe perdu avec une superbe vue, c’est calme, on apprécie le repas ! Nous avons ensuite le choix entre redescendre ou poursuivre la piste jusqu’au prochain village… Oui bien sûr ! 🙂 petites flaques de boue qui permettent de tester les vitesses courtes (ce ne sont pas des bourbiers quand même…), un peu de côte raide, des animaux qui passent… Ça fait du bien !


La suite de l’autoroute nous amène à un Decathlon pour acheter un oreiller oublié par Stéphane, puis on rejoint Pinto où nous avons réservé un hôtel. Les rues sont étroites et au final le parking où nous devions avoir une place (payante mais sécurisée) s’avère être un parking sous terrain… Nous gardons en souvenir le récit d’un Defender devenu décapotable dans ces conditions et nous préférons donc nous abstenir… Une longue recherche de place plus tard nous devons nous résigner, il va falloir abandonner et poursuivre notre route. Plusieurs hôtels nous refusent parce que nous avons un chien et il nous faut presque 100km pour trouver notre bonheur au Santa Ana : une chambre sympa, avec salle de bain et tapas au bar (pas le choix, il y a des menus sympas mais la cuisine ouvre à 21h30…). On mange et on se couche tôt (21h) pour nous remettre de cette journée pleine de dépaysement …
Le lendemain réveil matinal et départ à 5h30 après un café au bar ouvert 24/24. Il fait 2 degrés et du brouillard dehors en partant, vivement que le soleil se lève. Personne ou presque sur la route, les km défilent jusque vers 7h où la lumière apparaît. Nous nous arrêtons sur une aire de « servicios » où le barman n’est pas très chaud quand Stéphane demande s’il est possible d’entrer avec le « perro » (chien)… Il demande s’il est grand, réponse : un golden retriever… Il est ok 🤣, petit dej jamón / zumo de najanja / cafe con leche (nb : l’huile d’olive est très bonne ici).

La descente va plus vite que prévu (nous sommes surtout partis tôt) donc un arrêt à l’Alhambra s’impose. Pas de billet dispo pour le jour même (de toute façon pas possible avec un chien) mais le tour par l’extérieur donne de beaux points de vue et nous laisse imaginer la beauté de ce qui s’y trouve, nous y retournerons…



Après de superbes vues sur les montagnes et les coteaux couverts de dizaines (centaines ?) de milliers d’oliviers, la suite de la descente nous permet de découvrir les joies du béton en bord de mer… Idéal pour ceux qui aiment la foule et les immeubles.. (beurk)… on se lasse vite et l’arrivée à notre petit chalet étape tout proche du port de Tarifa fait du bien…

2090 km faits depuis chez nous… Demain matin départ du bateau (Tarifa/Tanger ville) à 9h,embarquement à 7h30, on a hâte de traverser les quelques kilomètres qui séparent l’Espagne du Maroc !

Comme d’habitude on prend le temps de réfléchir, certains diront qu’on change d’avis… non non, on étudie toutes les possibilités… bref, on avait décidé de partir en fourgon au Maroc… trop de choses à préparer pour le 4×4, pas assez de temps… ok, mais les pistes ont l’air belles et le fourgon aura plus de limites… non non, pas le temps… et puis à 3 semaines du départ, en regardant une énième vidéo de voyageurs, on a décidé : ce sera le 4×4 (le 16 comme dit ma petite nièce) !

Première chose, check-up mécanique rapide : courroie accessoire qui couine… un passage chez le mécano, kit courroie et tendeur automatique mort… ça c’est fait ! Maintenant il faut faire le point sur ce qu’on emmène et faire un mini aménagement dans le véhicule : on va dormir en tente donc on ressort la mototente de chez Lonerider, qui a vécu pas mal d’aventures… légère et grande, on est contents de la retrouver.

On ajoute de bons matelas autogonflants, plus grands que ceux qu’on emmenait à moto, normal, on a plus de place. Sac de couchage, oreillers, tout est déjà dans le grenier ou dans le garage, très peu de nouveau matos à acheter. On prend la bouteille GPL (à remplir au passage, pas de soucis chez Total à la base de Lorient), le réchaud double/plancha, le brasero pliant qu’on a eu à Noël, la table pliante, les fauteuils, …

Reste à décider si on prend le frigo… pour ça il faut de l’électricité, pas trop le temps pour une installation complète… mais Karine trouve une superbe offre de batterie Ecoflow delta mini reconditionnée ! Livraison, tests, installation et hop, on peut emmener le frigo. La delta mini va se recharger sur la prise 12v qui est dans le coffre (100w/8A pour une prise avec fusible à 15A, ça doit tenir), mais on peut aussi y brancher notre panneau solaire pliant (100W). On a toujours essayé d’équiper le fourgon avec du matériel utilisable en bivouac avec un autre véhicule, on avait ça en tête dès le début 😀


On embarque aussi notre wc sec à séparation de flux Boxio (avec des réserves de sacs biodégradables, des copeaux et une pelle si on doit enterrer tout ça…).
Les plaques de désensablage (ou désensablement, on ne sait pas trop, les trucs qui vont sous les roues quand on est plantés… notez bien que je ne dis pas « si on se plante » mais « quand on se plantera », je suis réaliste…) vont sur la galerie, avec la 2eme roue de secours (la première a un support à l’arrière, on y a d’ailleurs fixé un grand sac pour les poubelles et/ou réserve de petit bois). Bien sûr on prend le kit de réparation et le compresseur T-Max qui va servir à gérer les gonflages/dégonflages pour rouler dans le sable… et on met des écrous antivol sur les roues pour limiter les risques…

Il faut des réserves d’eau aussi, donc 2 bidons de 20 litres + notre jerrycan Lifesaver pour filtrer et avoir de l’eau potable (2 gourdes OKO filtrantes aussi pour les vadrouilles à pied).
Ah oui, quelques vêtements aussi et de la nourriture ! Ça fait un bon chargement tout ça ! Mais ça passe, tout en laissant un bon espace à Preik qui vient régulièrement inspecter et qui monte prendre place sans aucun soucis.

Une petite nouveauté pour le guidage, nous allons tester le fameux logiciel Osmand dont tellement de vadrouilleurs offroad parlent. Une tablette avec un support Osram double ventouse pour absorber les secousses, les itinéraires créés avec Basecamp et chargés sur la tablette, les cartes Espagne/Maroc chargées pour utiliser hors-ligne, tout bon ! Du coup sur la tablette on installe aussi Spotify avec plein de playlists chargées et comme l’autoradio a le même âge que la voiture (20 ans), pas de bluetooth… On trouve la parade : un petit bidule qui se branche sur l’allume cigare, auquel on se connecte en bluetooth et qui émet en FM sur une fréquence au choix. Il ne reste plus qu’à régler l’autoradio sur cette fréquence et bam, on a le son dans les haut-parleurs du 16 !
On installe aussi des filtres fournis par l’ancien propriétaire (merci Luc) sur les vitres arrières afin que Preik ne reçoive pas trop de soleil.


Allez, maintenant il faut attendre mardi midi pour prendre la route… pfff… c’est long… tout est prêt et surtout nous aussi !

Ce matin, enfin du soleil après des semaines de pluie. Et si c’était un signe pour apprendre à faire la vidange de Troll ? Pièces et huile attendent sagement dans le garage ainsi que la combi de mécano que Stef a eu pour Noël… 4,3,2,1,0… c’est parti!

Après avoir regardé des tutos, vu des vidéos, lu sur des forums et avoir fait sa première vidange sur la moto, Stef est paré à tout… enfin presque.



On installe la bâche de protection au sol et on ajoute des cartons, on n’est jamais trop prudents. Les outils sont à portée de main et enfin le fameux bac qui est censé réceptionner l’huile usagée. Le moteur est chaud, tous les voyants sont au vert, go ! Première étape et non des moindres : enlever le bouchon du haut avant de s’attaquer à celui du dessous afin que l’huile puisse se vidanger… Què passa?? pas moyen de desserrer, il y a du jeu au niveau de la clé. Un tilt se déclenche dans la tête, ça marche moins bien quand c’est le bouchon de vidange du pont avant. Bon, on reprend ses esprits, on arrête de stresser, tout va bien se passer. On desserre enfin le bon bouchon et là j’entends » ho là ça déborde et merde…. ».

Hé bien 8 litres d’huile noire et chaude de vidange qui ne veulent pas rentrer dans le bac prévu à cet effet, c’est le pire scénario. On se jette sur le sopalin de garage pour protéger les pneus et empêcher l’huile de s’étendre partout. Après une lutte acharnée contre cet ennemi visqueux on gagne la bataille et on comprend vite le pourquoi du comment, le fameux oubli…. le petit bouchon de sortie d’air sur le réceptacle d’huile usagée n’est pas ouvert. Il y a aussi le petit grillage qui se trouve a l’entrée de l’ouverture qui reçoit l’huile qui ne doit pas aider quand l’huile est épaisse. Les deux cumulés, c’est la cata.

Arrive enfin le moment cool changer les filtres (à huile et à air) et remettre de la bonne huile dans le moteur et là c’est sans compter que Stef n’a pas vu qu’il y avait un clip dans le fond du filtre à huile (un petit truc en plastique qu’il faut enlever de l’ancien filtre et mettre sur le nouveau) et en tirant fort sur celui-ci pour le déclipser, l’huile bien noire gicle et éclabousse tout sur son passage, que du bonheur.
C’est en mettant la main à la pâte qu’on apprend et là comme dit si bien Justin le baptême est fait.
Je terminerai cet article avec un grand bravo à mon chéri qui a osé se lancer.
Merci à toi Justin pour avoir montré à Stef que tout était possible quand on est curieux, qu’on a envie et qu’on met ses peurs de côté.
Pourquoi apprendre à faire une vidange me direz-vous? Hé bien pour comprendre comment fonctionne notre Troll, quels sont les organes importants de celui-ci, être attentifs à son entretien.
Voilà j’espère que cet article vous aura fait sourire pour certains et vous aura donné envie d’essayer pour d’autres.

Troll se prépare pour son prochain trip qui sera le Maroc, nouvelles aventures, nouvelles rencontres et nouvelle culture à découvrir.